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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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c’était, à plus de 50,000 hommes que montait main-tenant son effectif.

Il est vrai que Bournonville et le Grand Électeurn’avaient guère su tirer parti de leur supériorité. Ilsavaient résolu, aussitôt après leur réunion, qu’ilsprendraient sans tarder l’offensive; mais ils s’étaientbornés à s’avancer, le 48 octobre, jusqu’à Osthofen,à une lieue du camp des Français, et a faire tâter laposition par leur cavalerie, ce qui avait décidéTurenne à quitter Marlenheim pour aller s’établirderrière la Zorn, entre Dettweiler et Ilochfelden,de façon à couvrir Ilaguenau en même temps queSaverne. Les alliés l’avaient alors suivi, sans toute-fois se hasarder à l’attaquer, et s’étaient postés àTruchtersheim, sur le chemin de Strasbourg à Iloch-felden. Ce que voyant, Turenne avait fait jeter desponts sur la Zorn, en avant de son camp, commes’il allait marcher à eux, et cette démonstration avaitsuffi pour les faire battre en retraite (29 octobre); le31, ils avaient repassé la Brusche et s’étaient installésentre Lingolsheim et Blaisheim, c’est-à-dire dans lecamp dont la bataille d’Enzheim avait fait déguerpirles Impériaux.

Tout cela n’était pas très glorieux pour une arméequi avait à ce point l’avantage du nombre; maisFrédéric-Guillaume et Bournonville espéraient que lemanque de vivres et de fourrages contraindrait bien-tôt Turenne à repasser les Vosges, et qu’ils reste-raient ainsi maîtres de toute l’Alsace sans coup férir.Le maréchal fut bien forcé d’évacuer, le 26novembre,son camp de Dettweiler, le pays environnant étantépuisé; seulement, au lieu de rentrer en Lorraine,