il prit des cantonnements plus étendus, à quelquedistance au nord, derrière la Moder, sa gauche àPfaffenhofen, son centre à Ingweiler, sa droite à laPetite-Pierre (Liitzelstein), dans les basses Vosges.Là-dessus les ennemis, se persuadant que les Fran-çais étaient entrés en quartiers d’hiver, se séparèrentpour en faire autant (26 novembre). Les Impériauxallèrent s’installer dans le Sundgau, entre Belfort(alors appelé Belfort) et Mulhouse; les Lorrains s’éta-blirent au pied des Vosges, de Tliann à Sainle-Marie-aux-Mines, occupant, au delà des montagnes, Uemi-remont et Épinal; les Brandebourgeois s’établirentde Colmar à Schelestadt, les troupes de Lunebourget de Zell, aux environs de Benfeld; quant à cellesdu margrave de Bade et de l’électeur palatin, ellesretournèrent dans leur pays avec la mission de blo-quer Philippsbourg et Brisach, dont on comptaitentreprendre le siège au retour du printemps.
Turenne put alors songer à mettre à exécution unplan qu'il mûrissait depuis quelque temps déjà,comme le prouve sa correspondance : « Si je vois queles ennemis veulent s’établir dans la haute Alsace,j’y marcherai avec l’armée », écrivait-il au secrétaired’État Le Tellier, dès le 13 novembre. Mais il nes’expliqua clairement sur ses projets que lorsqu’il vitles alliés lever leur camp de la Brusche pour s’ache-miner vers le sud : « Je laisserai, dit-L ('), beaucoupd’infanterie dans Ilaguenau, ferai avancer toutes lestroupes qui se sont reposées sur la Sarre de trois àquatre journées au delà des montagnes, pour être en
(■) Turenne à Le Tellier, 27 novembre.