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état de revenir avec la cavalerie française, et jerepasserai avec les troupes par la Petite-Pierre, pourensuite y aller [dans la haute Alsace] par les mon-tagnes de Lorraine ou par Belfort J 1 ). »
Le maréchal avait toutefois, à ce moment, unautre sujet de préoccupation. L’armée impériale desPays-Bas, dont le comte de Souches avait cédé lecommandement au général Sporck, s’était séparée le10 novembre des Hollandais et, pour ne pas perdrecomplètement la campagne (car on n’avait plus rienfait depuis la bataille de Seneffe), avait remonté laMeuse et était venue mettre le siège devant Dinant.Cette place ayant capitulé le 21, il était à craindreque Sporck n’entrât en Lorraine ou ne s’avançât parle Palatinat pour donner la main à Bournonville etau Grand Électeur. Dans ce cas, Turenne ne pouvaitque manoeuvrer de son mieux, en s’appuyant surHaguenau, pour empêcher la jonction des deuxmasses ennemies. Mais cette éventualité menaçante netarda pas à être écartée : Sporck parut un instantdisposé à assiéger Trêves; puis, cette entreprise luiayant paru trop difficile à une époque aussi avancéede l’année, il se replia sur la Roër et finalement mitses troupes en quartiers entre la Meuse et le Rhin.
Dès que Turenne sut qu’il remontait décidémentvers le nord, il fit franchir à son armée le col de laPetite-Pierre, non sans beaucoup de difficultés, car la
(') Le marquis de La Fare, qui commandait un des corps decavalerie venus de Flandre, rapporte dans ses Mémoires queTurenne lui dit alors : “ Il ne faut pas qu’il y ait un homme deg'uerre en repos en France tant qu’il y aura un Allemand endeçà du Rhin en Alsace. »