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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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borna à envoyer l’ordre de faire occuper la tuileriepar deux bataillons; peu d’instants après, cependant,comme le comte de Roye, qui commandait à l’ailedroite, insistait pour qu’il vînt reconnaître lui-mêmele mouvement de l’ennemi, il se décida à monter àcheval. Chemin faisant, le lieutenant général Saint-Iiilaire l’arrêta pour le prier d’examiner l’emplace-ment d’une batterie que l’on venait d’installer et dontil indiquait la direction en étendant la main. A cemoment, une des batteries impériales, établies au-dessus d’Ober-Sasbacli, ouvrit son feu et un bouletde trois livres, enlevant le bras de Saint-Hilaire,vint frapper le maréchal en plein cœur) 1 ).

Ainsi péril, dans la soixante-cinquième année deson âge, l’un des plus célèbres hommes de guerreque la France ait possédés, et qui en est resté unedes gloires les plus pures. Pleins d’admiration poul-ies vertus publiques et privées, non moins que pour lestalents militaires de ce grand capitaine, scs contem-porains — et non pas seulement ses compatriotes ! —l’avaient placé au premier rang : la postérité l’y amaintenu et le temps a passé sur sa mémoire sans

(') Quant à la fin do la campagne, la voici résumée en quel-ques lignes par Napoléon : “ Après la mort do Turcnne, seslieutenants, de Lorges et do Vaubrun, commandèrent l’armée etno furent point d’accord : l'un voulait se retirer sur le pontd’Altenheim, l’autre sur lo camp do Willstott; mais enfin ils sodécidèrent à jeter à l’oau les farines réunies à Willstott et seretirèrent sur Altènheim. Les Impériaux les suivirent et les atta-quèrent : le combat fut long et opiniâtre; lo champ do batailleresta aux Français, qui perdirent 11,000 hommes; l’ennenii enperdit 5,000 ; niais, dès le lendemain, l'armée repassa sur la rivegaucho du Rhin. »