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IIIST01RE NATURELLE.
ger lcs menace, conimc le font tous les autrcs animaux qui sollt portes, par leur naturc, ä vivrereunis. Quoi qu’il cn soit, notre orang-outang n’eut le couragc de montcr aux mäts ([ue lorsqu’ileut vu M. Decaen, son maitre, y monter lui-meme : il le suivit, et, des cc monicnt, il y monta seulchaque fois qu’il cn eprouva le desir; l’experience heureuse qu’il avait faite lui donna asscz de con-lianee en ses propres forces pour qu’il osät repeter.
Les moyens employes par les orangs pour se defendre sont, en general, ceux qui sont communs ätous les animaux timides : la ruse et la prudcnce ; mais tout annonee que lcs premiers ont une forcede jugement que n’ont point la plupart des autres, et qu’ils l’emploient dans l’occasion pour eloi-gner lcs ennemis plus forts qu’eux. Notre animal, vivant en liberle, avait coutume, dans les bcauxjours, de se transporter dans un jardin, ob il trouvait un air pur et les moyens de se donner quel-([ues mouvcments : alors il grimpait aux arbrcs et se plaisait ä rcstcr assis entre les branehes. Unjour qu’il etait ainsi perche, on parut vouloir monter apres lui pour le prendre, mais aussitöt il sai-sit les branehes auxquelles on s’accroehail et les seeoua de toute sa force, eonnne si son idee eütete d’effrayer la personne qui faisait semblant de monier. Des qu’on se retirait, il cessait de sccouerles branehes; mais il rccommcnQait des qu’on paraissait vouloir monter de nouveau, et il accompa-gnait ce geste de tant d’autres signes d’impatiencc ou de crainte, que son intention d’eloigner parle danger d’une chute ou par une ebute memc celui qui menapaitde. le prendre lut evidente pour tou-les les personnes qui se trouvaient cn cc momcnt-lä pres de lui. Cette experience, qui a ete tenteeplusieurs fois, a toujours eu les meines resultats.
Souvent il se trouvait fatigue des nombreuses visites qu’il rccevait; alors il se caebait enliere-ment dans sa Couverture, et n’en sortait que lorsque les curieux s’etaicnt retires : jamais il n’agissailainsi quand il n’etait entoure que des personnes qu’il connaissait.
C’est a ces sculs faits que se bornent nos observations sur les moyens des orangs pour se de-fendre; mais ils suffisent, je pense, pour convaincrc que ces animaux peuvent snpplecr, par les rcs-sources de leur intelligence, ä celles qu’une faible Organisation physique leur refuse.
Les besoins naturels de ces quadrumancs sont si facilcs A satisfairc, qu’ils doivent trouver dansleur Organisation assez de moyens pour ne pas etre obliges d’exerecr fortement, sous ce rapport,leurs autrcs faculles. Les fruits sont les aliments principaux dont ils se nourrissent; et, commc ttousl’avons vu, leurs membres sont essentiellement conformes pour grimpor aux arbrcs. 11 est donc vrai-semblable que, dans leur ctat de naturc, ces animaux emploient bcaucoup plus leur intelligence äeeartcr les dangers qu’ä chereber les objets de leurs besoins. Mais tous les rapports doivent nbccs-sairement ebanger dös qu’ils se trouvent dans la societe et sous la protection des hommes; leursdangers diminuent et leurs besoins s’accroisscnt. C’est ce que nous montrent tous les animaux do-mestiques, et ce que devait, a ]ilus forte, raison, nous montrer notre orang-outang. Kn effet, sonintelligence a eu bcaucoup plus d’occasions de s’exerccr pour satisfairc ses desirs que pour le sous-trairc aux dangers. Je dois placer dans cette. premiere division un phenomene qui pourrait tenir äl instinct, le seul ä peu pres de ce genre que cot animal m’ait offert. Taut que la Saison ne permitpas de le laisser sortir, il avait une coutume singuliere, et dont il aurait ete diflicile de deviner lacause : c’etait de montcr sur un vicux bureau pour y deposer ses exerements; mais, des que le prin-temps eut ramene la cbaleur, et qu’il fut libre de sortir de l’appartomcnt, on trouva la raison de cetteaction bizarre : il ne manqua jamais de montcr ä un arbre pour satisfairc aux neeessites de cette na-ture : on a memc souvent employe cc moyen avec succes contrc sa eonslipation habituelle.
Nous avons dejä vu qu’un des principaux besoins de notre orang-outang etait de vivre cn societeet de s’attaeher aux personnes qui le traitaient avec bienveillanee. 11 avait pour M. Recaen une affec-lion presque exclusive, et il lui en donna plusieurs fois des lemoignages remarquables. Un jour ilentra clicz son maitre pendant qu’il etait encorc au lit, et, dans sa joie, il se jeta sur lui, l’embrassaavec force, et, lui appliquant ses levres sur la poitrinc, il se mit a lui toter la peau, commc il faisaitsouvent du doigt des personnes qui lui plaisaient. Dans une autre occ.asion, c.et animal donna äM. Decaen une preuve plus forte de son altachement. 11 avait l’babitude de venir a l’beurc des repas,qu’il connaissait fort bien, demander a son maitre quelques friandises. Dour cet effet, il grimpait,par derriöre, a la chaise sur laquelle M. Decaen etait assis, de sortc qu’il ne pouvait le voir de ma-niere ä le rcconnaitrc qu’apres etre arrive ä la jiartic la plus elevee du dossicr de cette chaise; lajicrcbe, il rccevait cc qu’on voulait bien lui donner. A son arrivec sur les cötes d’Espagne , M. De-