Band 
Quadrumanes.
Seite
160
JPEG-Download
 

IIIST01HE NATUIIELLE.

1 (>()

menagerie, et continuellement enferme dans sa cage, tont chätiment lni etait incomiu, et le, Ion d'unhomme qui gronde, de meine qu'un bä:on ä la main, ne pouvaient lni rappeler aucunu punilion, aucunedouleur; sa determination n’eut donc point pour cause une nolion acquise par sa propre cxperienee;eile etait entierement le resultat d’un acte intelleetuel partieulier, d’un jugement naturcl.

I)e ce que ces animaux sont susccptibles de reccvoir unc educalion assez remarquable des circon-stane.es au milieu desquelles ils sont eleves, ils 1c sont aussi d’en reccvoir une artiiicicllc de l’liominc.En effet, on en reneontie quelquefois sur les places publiques, qui amusent le peuple par les exer-cices qu’ils font ä la voix de leur maitre; mais ils ne se soumeltent guere a ce genre d’esclavageque durant leur jeunesse; non-seulement quand ils sont vieux ils se rel’usent a tonte obeissance, maisils perdent le plus souvent alors tonte la docilile qu’ils avaient acquise. et reprennent leur ferocitenaturelle.

Les cynocepliales, ayant l’organisation principale des quadrumanes, ont ete destines ä vivre dansles forets et ä faire des arbres leur habitation. Cependant cette deslination est bien moins absolue cliezeux que chez les autres singes de l’ancicn monde : n'ayant pas le train de derriäre aussi eleve, ilsmarchent avec plus de facilite, quoiqu’ils soicnt encore loin d’ögaler, sous ce rapport, les veritablesquadrupedes; leurs mouvcincnts sur la terre sont toujcurs genes; leur marclie est lente, et leur courseest une sorte de trot. ou de petit galop; c’est-ä-dire qu’ils releveut d’un setil temps le train de de-vant, ne detachent que successivement leurs jambes de derriere du sol, et retoinbcnt de meine surcclles de devant. Ce n’est que tres-raremcnt qu’ils se ticnnent debout; pour ccla, il laut qu’ils aienlbesoin d’atteindre ä quelque cliose, et ils n’avancent ja mais ainsi que quelques pas; ils sont, parcontre, dans leur jeunesse surtout, de la plus grande agilite pour grimper, et ils font des sauts pro-digicux; en un instant, ils ont parcouru un arbre, ont pris toutes les attitudes, passe de. la Posi-tion la plus diflieile en apparence, par les mouvements les plus rapides et les plus extraordinaires,ä une position plus difficile encore, sans que la multiplicite des brancbes et leur entrelaccment aientete cause du moindre embarras pour eux, leur aient apporte le plus leger obstacle. Aussi n’ont-ilsque peu d’ennemis qui puissent les atteindrc ouvertement. Dans leur vieiilesse, ils devicnnent epais,trapus et lourds. Ils se tiennent assez frequemment assis sur leur derriere eallcux. La nourriturcprincipale de ces animaux consiste dans les i'ruits, les racines, les feuilles tendres et les jeunes poucesde certaines plantes. Lorsqu’ils mangent, ils commcncent toujours par remplir leurs abajoues, c’est-ä-dire les sacs qu’ils ont de cliaque eöte des joues, et ils boivent en liumant, comme tous les animauxä longues levres mobiles.

On ne, connait point encore exactement les eontrees qu’ils babitent. Le. plus grand nombre parailse trouver en Afrique; mais l’Inde en nourrit aussi. Les pays cbauds sont indispensables ä leur na-lure; ils ne trouveraient point ä vivre en liiver dans les pays du nord, et ils ne sont pas vetus demaniere ä resister au froid. Aussi n’est-ce qu’en les tcnant cbaudement ([u’on parvient ä les conser-ver dans nos menageries.

Ce sont des animaux tres-lascifs, toujours disposes ä raccouplement, et, bien differents des au-tres animaux, les femelies regoivent les mäles meme apres Lu conception. Celles-ci, lorsqu’elles nesont pas pleines, entrent tous les mois en rut; et cet etat se manifeste par un gonllement conside-rable, cause par l’accumulation du sang dans les Organes genitaux et les parties qui les avoisinent,et il est accompagne d’une veritable menstruation. On ne connait encore. aucune untre eireonstancerelative ä la reproduclion de ces animaux, tres-peu etudies du reste dans leur etat de naturc, commece qui precede ne le montrc que trop. Leur developpement est lent; ce n’est guere que vers leurhuitieme ou dixieme annee qu’ils sont entierement adultes, et ils doivenl proiongor leur vie peut-elrejusqu’a trente ou quarante ans. Les femelies sont plus petites et plus douees que les mäles.

Leur Organisation a ete micux observee que leur naturcl, mais, n’ayant ä considerer ces animauxque sous leurs rapports zoologiques, je ne dois parier, avec quelques delails, que de leurs partiesexterieures, c’est-ä-dire de leurs Organes de la mastication, des sous, du mouveinent de la genera-tion, et de leurs teguments. On sait que le Systeme organique de leurs parties internes a les plusgrands rapports avec celui de l’homme; ils en different meine tres-peu par plusieurs soiiij, et leursdents sont ä peu pres les meines; ce qui les distingue principalement de notre especc, ce sont, oulrol’organe fondamcntal le eerveau, les sens de l’odorat et du goüt, et les Organes du mouveinent et dela generation.