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QUADRUMANEs.
manifeste, tandis qu’ä la vue d’un autre insectc, tel qu’une sauterelle ou un hanneton, ils se preci-pitent sur le tableau eomme pour saisir l’objet qui s’y trouve represente. Ce seul fait semble prouvei'chez les ouistitis un grand developpement de l’intelligence; ce que i’inspection de leur cräne suffi-rait pour indiquer, et ce que plusieurs autres observations d’Audouin conlirment egalement. IIartiva un jour ä l’un des deux individus que possedait notre collaborateur de se lancer dans 1’oeil;eil mangeant un grain de raisin, un peu du jus de ce fruit; depuis ee temps d ne nianqua plus,loutcs les fois qu’il lui arriva de manger du raisin, de fermer les yeux; observation qui suflit pourdemonlrer, d’une maniöre incontestable, que les ouistitis jouisscnt, ä un baut degre, de la faeulted’associer leurs idees. Mais comment expliquer le fait suivant? Les deux individus qui ont fourniles interessantes remarques que nous venons de rapporter, altrapaient, avec une incroyable dex-teritb, les mouches que le hasard amenait dans leur cagc : mais une guepe s’elant un jour appro-chee d’un morceau de Sucre qu’on avait 11x6 ä leurs barreaux, ces animaux, qui n’avaient jamais vude'guepes, et qui ne pouvaient eonnaitre, par exp6rience, le danger de la piqüre de ces insectes,prirent aussitöt la fuite et allercnt se refugier au fond de leur cage. Etonne de ces marques defraycur, Audouin prit alors la guepe et l’approcha des deux ouistitis, qu’il vit aussitöt cacher leurstetes entrc leurs mains, et rapproehcr leurs paupieres en frongant le sourcil, de maniöre ä fermerpresque entierement leurs yeux. Au contraire, ä peine leur avait-on prösentö une sauterelle, un han-neton ou quelque autre insecte dont ils n’avaient rien ä redouter, qu’ils se pröcipitaient sur luiavec un avide empressement, le saisissaient ä 1’instant meine et le devoraient avec delices. Us ai-maient aussi beaucoup le Sucre , la pomme cuite et les eeufs, qu’ils savaient saisir avec beaucoup degräce, et vider avec une adresse remarquable; mais ils ont constamment refusö les amandes detoute nature, les fruits acides ou acidules, et les feuilles qui se mangent en salade. Ils n’aimaientpas non plus la chair; mais lorsqu’on mettait dans leur cage un petit oiseau vivant, et qu’ils parve-naient ä s’en rendre mailres, ils lui ouvraient le cräne, mangeaieut tout le cerveau, en ayant soinde lecher le sang qu’ils faisaient couler, et devoraient quelquefois aussi la corne du bec, les tendonsdes pattes et quelques autres parlies non charnues. Audouin a aussi remarque que ses ouistitisetaient trös-curieux; qu’ils avaient la vue tres-perfante; qu’ils tcnaient beaucoup ä leurs habitudes,quoiqu’ils fussent sous plusieurs rapports fort capricieux; qu’ils reconnaissaient parfaitemcnt lespersonnes qui avaient soin d’eux; eidin, que leurs cris etaient trös-varies suivant les passions quiles animaicnt. C’etait, lorsqu'ils etaient cffrayes, des glapissements qui semblaient partir du go-sier, et qu’ils faisaient entendre en ouvrant la boucbe et en montrant les dents, et, lorsqu’ilsetaient en colere, un sifllement bref suivi d’une Sorte de croassement. Dans d’autres circonstances,ils poussaient de petits sifflements prolonges, ce qui arrivait surtout quand on les mettait en pleinair; ou bien ils s’appelaient l’un l’autre par un gazouillement semblable ä celui d’un grand nombrcd’oiseaux. On peut remarquer que quelques-uns des details donnes par Frederic Cuvier sur lesmoeurs des ouistitis ne s’accordent pas en tout point avec celles d’Audouin, probablement parceque les individus qu’il a examines etaient moins apprivoises, et peut-etre aussi plus jeunes que ceuxde notre collaborateur. (Isidore Geoffroy Saint-TIii.aire.)
1 er GENRE. — OUISTITI. JACCHUS. (Geoffroy Saint-Hilaire.)
CARACTERES GENERIQUES.
Front peu avance.
Denis incisives-superieures obliques en avant, inerjales; les intermediaires targes; les lateralesisolees et aigues; les inferieurcs cylindriques, allongees, etroites, presque verticalcs; les lateralesplus longues. Canines superieures coniques et de mogenne dimension; les inferieurcs tres-petites.
Oreillcs mediocres.
Ces singes habitent le Brösil et la Guyane .
Ce genre, designb sous le nom de hapale par Illiger, comprend les petits singes nomm6s, parquelques voyageurs, singes-ecureuils. Ils ont la face obtusc et velue jusqu’aux levres; le plus sou-vent, un faisceau de longs poils est ins6r6 en avant des oreilles, qu’il couvre. Leur queue est trös-