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L’ARIIISTICIÏ.
armée n’hésita plus : l’émeute se dressait devantlui, les armes à la main ; comptant sur le concoursde l’armée pour la combattre et la réduire, ilaccepta résolument le commandement en chef àl’heure même où la guerre civile allait une der-nière fois, avant la fin du siège, compter sesadhérents et essayer ses forces.
La lutte que redoutait le préfet de police étaiten effet inévitable : elle eut lieu dans la mêmejournée. D’ailleurs, depuis le commencement dela guerre, chaque échec un peu grave de nosarmes avait été le prétexte d’une agitation popu-laire et même d’une révolution. Le désastre deSedan avait été suivi de la journée du 4 septembre,et d’autres journées également néfastes avaient,depuis ce jour, fourni au parti exalté l’occasionde se signaler par ses violences. Le résultatdu combat de Uuzanval causa l’insurrection du2'2 janvier, et la capitulation de Paris devait nousdonner la Commune. Le mobile qui inspirait leschefs du parti avancé n’était donc que celui d’uneambition personnelle qui voulait s’assouvir à toutprix, et cherchait dans l’excès même de nosmalheurs le moment le plus favorable pour lasatisfaire.
Il ne fallait pas, celte fois, se laisser surprendreet affronter l’émeute sans avoir pris aucune me-sure pour s’en rendre maîtres. Le premier soin