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L’ARMISTICE.
physiques de la captivité et de la prison en paysétranger lui étaient épargnées, on lui faisaitpayer chèrement, à un autre point de vue, cequ’on semblait lui présenter comme un adoucis-sement aux rigueurs habituelles de la guerre.Prisonnière dans Paris, elle devait subir l’humi-liation du désarmement dans la capitale de laFrance, sa patrie, et par-dessus tout devant unegarde nationale dont une partie, celle qui n’avaitpas partagé ses plus sérieux dangers — (le petitnombre de ses pertes en témoignait suffisamment)— ne lui cachait pas ses sentiments hostiles. Elleallait cependant demeurer intacte et conserver sesarmes. Autour de la ville où l’armée était enfer-mée, un ennemi hautain et fier de ses succès lasurveillait, tandis que dans la ville même, d’autrescauses de tristesse et de vexations se réunissaientcontre elle : discours agressifs des clubs, articlesirréfléchis des journaux, injures des braillards dela rue, toutes choses auxquelles il lui était inter-dit de répondre.
Quelle armée placée dans de semblables condi-tions aurait pu résister aux influencés multiplesqui devaient la travailler? L’avenir ne lui offraitque deux perspectives également douloureuses :la captivité si la guerre continuait, un licencie-ment à peu près général si la paix était conclue;dans le présent, l’oisiveté et le contact obligé