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L’ARMISTICE.
13 février.
Les chefs de secteurs signalent de tôutes partsle danger croissant qui provient de l’insuffi-sance des approvisionnements ; ils redoutent desémeutes pour le jour où le pain devrait être en-core réduit, et surtout pour celui où il viendraità manquer tout à fait. Les autres vivres étaienttotalement épuisés, et il n’avait pu jusqu’alors enentrer qu’une très-minime quantité dans Paris.Cette situation est l’objet des préoccupationsgénérales : la crise paraît inévitable; si les vivresn’arrivent pas dans la nuit, elle aura certainementlieu le lendemain, car il ne reste plus de farine :le matin, les derniers sacs ont été distribués. Heu-reusement, c’est à l’heure même où ces tristesappréhensions se faisaient jour dans l’esprit detous, que le ravitaillement en farines commença.On peut dire qu’il avait lieu à point nommé etau moment où il était absolument indispensable.Il faut donc conclure de ce fait que si l’armisticeavait été signé seulement quarante-huit heuresplus tard, le temps pour faire entrer à Paris leravitaillement nécessaire eût été insuffisant, etl’on peut difficilement prévoir quelle eût été laconséquence des deux jours de famine que la villeaurait dû subir. D’ailleurs, depuis ce jour, tousles autres approvisionnements affluèrent, grâce