AR1IÉE DE PARIS. 125
aux achats faits en Normandie et aux dons sigénéreux de la cité de Londres. En quelquesjours les marchés de la ville reprirent leur aspectà peu près habituel, qu’ils ne retrouvèrent cepen-dant tout à fait qu’après la Commune; la questiondes vivres cessa dès lors d’être une des princi-pales préoccupations du moment.
14, 15, 16 février.
L’empressement qu’avaient mis les membresdu gouvernement à s’éloigner de Paris afin devaincre la résistance que, sous l’inspiration deM. Gambetta, la délégation de province faisaità l’armistice, avait singulièrement réduit leurnombre. Le conseil n’était plus représenté dansla capitale que par MM. Trochu, président; JulesFavre, Picard et Dorian, ministres. Retenus à leurposte par leurs fonctions, le maire de Paris et lecommandant en chef de l’armée étaient souventappelés à prendre part à ses délibérations. Le 16,le général Clément Thomas vint exposer au con-seil les craintes graves qu’il éprouvait au sujet del’attitude de la garde nationale : il reconnaissaitqu’en cas de conflit il ne fallait plus compter surelle. La partie saine de la milice parisienne, fati-guée par le dur service du siège, avait déposéses armes au lendemain de l’armistice, pour va-quer à ses affaires ou pour s’absenter de Paris.