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L’ARMISTICE.
après une longue lutte qui fut pour le malheureuxune véritable torture, on le lie à une planche, etavec les raffinements de cruauté les plus affreuxqui augmentent encore son supplice, on le préci-pite dans le canal. La foule pousse des cris dehaine et de satisfaction en le regardant se dé-battre au milieu de l’eau, implorer ses bourreaux,puis enfin disparaître et mourir. Quelques hommesde la troupe, des marins, des artilleurs du O 0 ré-giment et des chasseurs à pied du 23" bataillonavaient pris part à la manifestation; des rensei-gnements ont même prétendu depuis que desartilleurs, et surtout des chasseurs à pied du17 e bataillon, avaient aidé à l’accomplissementde cet acte de monstrueuse barbarie. Toutefois,l’enquête qui eut lieu à ce sujet ne permit pas dedécouvrir le coupable : on put en conclure queles soldats qui avaient été signalés comme s’étantmontrés les plus acharnés dans cette odieuse exé-cution, étaient peut-être des individus revêtusd’un uniforme qu’ils n’avaient pas le droit deporter.
Mais il fallait d’autres victimes à la foule : ellechercha à assouvir la rage furieuse qui l’animaitsur ceux qui avaient voulu s’opposer à l’assassinatqu’elle venait de laisser commettre. M. Macé,commissaire de police, et son inspecteur, quiavaient eu le courage d’intervenir en faveur de