158
L’ARMISTICE.
arrivés au moment où il fallait, soit agir contreun ennemi qui, on le savait, n’avait pas l’habituclede ménager ses adversaires, soit s’incliner avecrésignation contre un fait douloureux, mais inévi-table, prirent heureusement le sage et prudentparti de l’abstention. D’ailleurs, l’opinion publique— nous parlons de celle de la partie saine de lapopulation — s’était prononcée par la voie desaffiches ou des journaux contre toute résolutiondésespérée, telle, par exemple, que celle con-seillée par le général Trochu, qui crut devoir pu-blier, au sujet de l’entrée de l’ennemi, une lettre 1
1 Cette lettre a paru dans le journal la Liberté:
« Monsieur,
• Paris, 19 février 1871.
» Vous me demandez mon sentiment au sujet du bruit qui serépand de plus en plus de l’entrée prochaine de l’armée allemandedans Paris. Je vous le dirai tout entier.
» Après quatre mois et demi de siège, après huit combats etquatre batailles, dont l’initiative a toujours appartenu à l’assiégé;après le bombardement, qui a fait tant d’innocentes victimes;après la convention que la famine seule a pu dicter, l’ennemidevait à Paris les honneurs de la guerre, à moins qu’il n’eûtaucun souci des traditions et des règles qui sont devant l’opinionles titres de la noblesse des vainqueurs et des vaincus.
» Pour Paris, les honneurs de la guerre, c’était le respect deson enceinte et le respect de son deuil.
» L’ennemi veut pénétrer dans Paris, alors qu’il n’a forcé aucundes points de l’enceinte, pris d’assaut aucun des forts détachés,enlevé aucune des lignes extérieures de défense!
» S’il en est ainsi, que le gouvernement de la cité lui soit rc-