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L’ARMISTICE.
force, et grâce à l’énergie dugénéral Faron, elleparvint à reprendre la liberté de ses mouvements.
A midi, la victoire restait incontestablement àl’insurrection : elle avait repris les buttes Chau-mont et Montmartre. L’armée avait eu de cou-pables défaillances : elle avait laissé sans défenseentre les mains du Comité central et livré auxfureurs de la populace un de ses plus braves offi-ciers , le général Lecomte. Elle n’avait pas tentédavantage de secourir le général Clément Thomas,qui allait expier dans un infâme guet-apens sestrop justes sévérités contre la lâcheté de certainsbataillons de la garde nationale. En effet, dans lajournée, vers cinq heures du soir, les deux géné-raux étaient fusillés après un simulacre de juge-ment, et des hommes qui appartenaient ou avaientappartenu à l’armée prenaient part à cet horribleattentat. Le triomphe de l’émeute s’affirmait ets’inaugurait dans le sang ! Un autre de nos géné-raux, le général Paturel, avait été blessé, et lechef de l’escorte dugénéral Susbielle avait été tué.
Un peu plus tard, une foule considérable, com-posée de gardes nationaux et de soldats débandés,se dirige sur l’Hôtel de ville. Le 120° de ligne,caserné au Prince-Eugène, se laisse circonvenirà son tour, ouvre les portes de la caserne, fra-ternise avec les insurgés et dépose ses armes sansen avoir fait usage. Quant à la garde nationale