ARMÉE DE PARIS.
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A Montmartre, le 88 e de marche donna le re-grettable exemple de la défection ; il se laissa en-tourer et circonvenir par la garde nationale duquartier, qui se réunit bien vite et que d’autresbataillons vinrent encore renforcer : les troupes,mettant alors la crosse en l’air, firent cause com-mune avec la révolte en lui abandonnant la hau-teur qu’elles avaient conquise.
A Belleville, nos soldats étaient encore maîtresde la position à neuf heures du matin ; mais versonze heures, les chances tournaient contre nous.Néanmoins, la garde républicaine avait pu y en-lever un certain nombre de pièces ; mais la troupe,entourée par l’émeute, se dégageait avec beau-coup de peine : elle dut s’ouvrir un passage par la
en l’air et fraternisait avec le peuple en l’aidant à arrêter les atte-lages et à séquestrer l’un de ses généraux. Le général Le Flôaurait-il pu , même en usant de sa grande influence sur l’armée ,s’opposer à ces actes déplorables? Nous ne le pensons pas. Seserait-il aussi chargé, même en admettant que les attelagesjussentarrivés sur les hauteurs dès le début de l’action, de faire enleveren quelques heures, et au milieu du mouvement de. confusionqui se produisit alors, la quantité considérable de canons quise trouvaient sur les buttes? Nous ne le pensons pas davantage.Nous bornerons là ces réflexions, laissant à l'impartialité du lec-teur le soin de juger ceux qui, dans ces tristes circonstances,ont considéré l’obéissance comme leur premier devoir, et quisurtout, croyant qu’il est de leur dignité de ne point tenter devaines récriminations, préfèrent garder le silence sur l’originede certaines responsabilités qu’on peut vouloir leur faire encourir.