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L’ARMISTICE.
M. Choppin, ancien préfet de police. Après s’êtreassuré de l’authenticité de l’ordre qui lui arrivaitpar une voie si inusitée, le général rassembla seshommes dans la cour de la caserne Napoléon, enfit ouvrir les portes à deux battants, et, l’épée àla main, il se mit bravement en marche à la têtede ses soldats. Cette attitude énergique de sonchef permit à la brigade de se rendre sans plusd’obstacles à l’Ecole militaire. Les autres troupespurent également y arriver sans collision, à l’ex-ception toutefois du 69’’ de marche, de la divisionMaud’huy ', qui occupait le Luxembourg. Ce régi-ment n’avait pu être prévenu à temps, et il restaenfermé dans le palais, se protégeant lui-mêmepar sa fermeté et sa bonne tenue. Quelques joursaprès, le commandant de cette troupe 2 suivitl’exemple du général Derroja; il ouvrit les grillesdu jardin et emmena ses soldats jusqu’à Versailles,au milieu d’une populace haineuse mais lâche, etqui s’inclinera toujours devant un acte d’énergiehardiment accompli.
1 Ce régiment appartenait à la brigade Wolff.
5 Ce courageux officier •était le lieutenant-cobmel Périer. Ason arrivée à Versailles, le 23 mars, le régiment fut présentépar le général Vinoy à M. Thiers, qui le félicita sur sa belleconduite. Enfin, dans sa séance du même jour, l’Assembléevota des remercîments aux troupes qui venaient de donner unsi bel exemple d’énergie et de fidélité.