ARMÉE DE PARIS.
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ment aussi critique, inspirer toute espèce de dé-fiance. Après le départ de l’ennemi, ils avaientété éloignés au plus vite de Paris et dirigés sur leMont-Valérien, mais pour n’y faire qu’un très-court séjour, le ministre de la guerre ayant or-donné que ces bataillons seraient envoyés enAlgérie afin d’y prendre les habitudes d’ordre etde discipline qui leur manquaient si essentielle-ment. Leur mise en marche avait même été fixée,quelques jours avant.l’émeute, au lundi 20 mars,à six heures du matin.
On ne pouvait donc considérer cette troupecomme renforçant la garnison du fort, que repré-sentait absolument, ainsi que nous venons de ledire, le seul bataillon du 113“ de ligne 1 . Ce ba-taillon appartenait à la brigade Daudel, qui, d’aprèsl’ordre réitéré du chef du pouvoir exécutif, dutêtre dirigée sur Versailles. Cet ordre était formelet n’admettait point de retards. Le général Daudelfut informé vers sept heures par le télégraphe, etdans la soirée même du 18 mars, du mouvementqu’il avait à opérer. Il partit aussitôt, et fit unemarche de nuit. Le 19, à six heures du matin, ilétait à Sèvres avec les bataillons de sa brigaderetirés d’Issy, de Montrouge, deBicêtreet d’Ivry.Il rallia également le bataillon qui gardait le Mont-Valérien, et qui abandonna en effet le fort dans
1 Environ 500 hommes.