240
LA COMMUNE.
la nuit du 18 au 19 pour gagner immédiatementVersailles. Il n’était cependant pas entré dans lapensée du général en chef de dégarnir cette for-teresse. Il n’avait pas d’abord supposé qu’elle fûtcomprise dans la mesure générale qui prescrivaitl’évacuation des forts, parce qu’il l’avait toujoursconsidérée comme un fort détaché et tout à faitindépendant des autres. Par suite, il advint que,pendant toute la journée du 19 et la nuit du 19au 20, le fort se trouva sans garnison, car on nepouvait compter comme telle les 21' et 23 e chas-seurs à pied désarmés et les quelques employésrestés au fort et qui ne pouvaient faire aucunerésistance; d’ailleurs, leur départ devait égale-ment avoir lieu le lendemain 20 mars, au matin.
Dans la soirée du 19, le colonel Loehner, com-mandant la forteresse, demandait par dépêche denouveaux ordres à Versailles. Cette dépêche, re-mise au général en chef, insistait tout particuliè-rement sur l’urgence de pourvoir d’une manièresérieuse à la défense du fort, si l’on voulait préve-nir de grands dangers. Le commandant de l’armée,que préoccupait vivement l’abandon de cette im-portante position militaire, crut de son devoir detenter, pour la conserver, une démarche immé-diate auprès du chef du pouvoir exécutif, beaucoupde députés, de généraux, et même d’officiers supé-rieurs de la marine, avaient déjà, dans la journée,