ARMEE DE PARIS.
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Dans la même nuit, et seulement quelquesheures après l’entrevue du commandant en chefet de M. Thiers, la troupe du colonel Cholletonse mettait en marche, et le matin, vers huit heures,elle arrivait au Mont-Valérien, qu’évacuaient aus-sitôt les deux'bataillons de chasseurs à pied. Lefort était armé de quelques pièces de campagneet d’un certain nombre d’obusiers à âme lisse quiavaient été repris aux insurgés. C’était assez pourrepousser une attaque, qui d’ailleurs ne se pro-duisit pas. Les fédérés avaient employé la journéedu 19 à prendre complète possession de Paris, etils ne se présentèrent au Mont-Valérien que dansla soirée du 20 au 21. Trouvant le fort occupé,ils envoyèrent des parlementaires à son comman-dant pour le sommer de le rendre au gouverne-ment de la Commune. On leur répondit par unrefus énergique, qui leur sembla suffisammentpéremptoire, car ils se retirèrent sur-le-champsans faire de protestations, et aucune tentativehostile ne fut renouvelée sur le fort avant le com-bat du 3 avril. On dut prendre, toutefois, la pré-caution d’approvisionner le Mont-Valérien envivres et en munitions pour le tenir en sécuritécontre tout événement. Il reçut un convoi consi-dérable de poudres et projectiles, et fut ravitaillépour quinze jours.
Nous fumes moins heureux du côté de Vin-
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