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LA COMMUNE.
cennes. Le fort, très-rapproché des lignes prus-siennes et pourvu d’une garnison nombreuse,semblait devoir défier toute attaque. II se renditcependant, sans se défendre, à la première som-mation qui lui fut faite par une troupe de gardesnationaux. Sa chute 1 avait une grande importance,à cause des munitions, des armes et des piècesd’artillerie qu’elle faisait tomber entre les mainsdes insurgés. Elle leur donnait en outre un puis-sant renfort, beaucoup des artilleurs qui compo-saient sa garnison étant passés aussitôt au servicede l’émeute.
Les quinze jours qui s’écoulèrent du 19 marsau 2 avril furent, de part et d’autre, employés àl’organisation des forces militaires qui allaientengager la lutte. Il fallait avant tout augmenterl’effectif de l’armée, et on ne pouvait le fairequ’avec l’assentiment des Prussiens. Les négocia-tions ouvertes à ce sujet furent couronnées d’unplein succès. L’état-major général allemand, aprèsen avoir référé à l’empereur Guillaume, consentità ce que l’armée qui devait tenter de reprendreParis sur la Commune fût portée de quarantemille à quatre-vingt mille hommes. Ce chiffre futmême, peu après, encore augmenté de vingtmille hommes, et au moment où nous pûmes
1 Elle eut lieu le mercredi 23 mars.