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LA COMMUNE.
du 18 mars, revenait peu à peu de sa stupeurpremière; il se reprochait, trop tard, hélas! sacoupable inertie, et il cherchait, trop tard encore,à se compter et à s’organiser pour une résistanceque son peu d’habitude d’une entente pratique-ment combinée devait rendre bien vite impuis-sante. La manifestation du 22 mars eut lieu : leparti de l’ordre se x’éunit, traversa les boulevardssans difficulté, etvou ut gagner la place Vendôme,devenue le principal centre militaire de l’émeute.Les personnes qui composaient la manifestationavaient voulu témoigner de leurs intentions paci-fiques en se présentant sans armes. Elles s’ima-ginaient donc, dans leur naïve crédulité, qu’unerévolution qui venait d’inaugurer son triomphedans le sang de deux généraux innocents allaits’incliner devant une protestation toute morale,que d’ailleurs ce gouvernement odieux ne pouvaitconsidérer que comme un attentat à sa souve-raineté ! Le Comité central n’hésita pas; il fit tirerdes coups de fusil sur les manifestants, dont quel-ques-uns payèrent de leur vie cette tentative depacification qui, contre de tels hommes, n’auraitdû être engagée que les armes à la main.
C’est dans ce sens que le parti de l’ordre cher-cha, le lendemain même, à s’organiser de nou-veau. On avait fait appel au bon vouloir de l’amiralSaisset, qui consentit à prendre la direction de la