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LA COMMUNE.
de'ses pièces, précipita encore la déroute. Enmoins d’un instant l’avenue, que leur masse con-sidérable remplissait, devint entièrement déserte :les fédérés, à la vue des obus qui tombaient aumilieu de leurs rangs pressés, se sauvèrent dansles maisons et dans les rues latérales à gauche età droite de la route, mais non sans laisser parterre bon nombre des leurs, morts ou blessés. Durond-point nous pouvions voir, à l’aide de nos lu-nettes, l’enceinte de Paris, qui n’était pas encorearmée ; nous distinguions aussi les curieux accou-rus en masse autour de l’arc de l’Etoile et quitâchaient d’apercevoir, tant biéîi que mal, quel-que coin de la bataille.'Les plus braves s’étaientmême avancés dans l’avenue de la Grande-Arméejusqu’à la porte Maillot, où ils purent assister àla rentrée dans Paris des premiers soldats déban-dés de l’émeute.
Les marins et l’infanterie de marine, profitantdu désordre jeté dans les rangs des fédérés, lespoursuivirent, et s’engageant jusque sur le pont deNeuilly, ils le franchirent au pas de course, malgréle feu plongeant de l’ennemi occupant les maisonssituées en arrière. Dans leur impétuosité, ils en-levèrent la barricade qui défendait le passage, etparvinrent à s’emparer des maisons les plus rap-prochées , d’où ils délogèrent les soldats du Comitécentral.