ARMÉE DE PARIS. 263
Les instructions du commandant en chef luiinterdisaient absolument de s’engager plus avant.Une ligne de fortifications de l’importance decelles de Paris se défend presque toute seule, etil n’est pas possible de l’enlever de vive force siles pont-levis qui y donnent accès sont levés. Il estévident que dans l’état de trouble et de démorali-sation où se trouvaient à ce moment les fédérés,ils n’auraient peut-être point songé à prendre cettedernière et élémentaire précaution, et nos troupes,si on les avait laissées faire, se seraient probable-ment engagées à la suite des gardes nationauxjusque dans l’enceinte même de la place; maiscette opération, outre qu’elle était encore bienchanceuse comme résultat, avait l’inconvénientd’être trop hâtive et certainement inopportune.Ceux qui ont reproché à l’armée d’attaque de n’êtrepas entrée dans Paris au moment de cette premièredéroute des fédérés n’ont pas suffisamment calculél’importance et les dangers d’une telle tentative,qui ne pouvait être faite qu’avec la certitude abso-lue d’y réussir, et à laquelle par conséquent on nepouvait déjà songer avec une armée encore sipeu nombreuse et toujours en voie de formation.Le succès de cette journée de début eut d’ailleursune grande influence sur les opérations ultérieures.Il remonta le moral de l’armée, affaiblit l’influencedu Comité central, et donna une juste idée de la