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H1ST0IRE NATURELLE.
ebene et le frene, qui donnait un cocon d’oü Ton lirait une soie grossiere, et il est meme probableque la premiere soie que les Grecs et les Romains ontconnue provenaitde ce Lepidopterc que sansdoute eile etait moins belle, tnoins abondanle que celle qui est fournie par le Ver chinois, et que saeulture a ete abandonnee lorsque celle du Bombijx mori a ete enfin introduite en Europe .
Quoi qu’il en soit, vers le milieu du sixieme siede, sous le regne de Juslinien, deux moines par-vinrent, non sans danger, car l’exportatiori du Ver ä soie etait rigoureusement defendue, ä transpor-ter, de la Chine ä Constantinople , des ceut's de cet utile Insecte et en meme temps le mürier blanc. Lecommerce de la soie, dont l'usage etait devenu trüs commun, quoique le prix en lut encore excessif,faisait passer en Perse des sommes immenses d’argent de Eempire; aussi Justinien recompensa-t-illiberalement ces deux moines, qui enseignerent la maniere de faire eclore les ceufs, de nourrir laChenille et de filer la soie.
De Constantinople , les Vers ä soie se repandirent, avec le mürier, dans une grande partie de laGrüce, et, environ cinq Cents ans aprüs, le nombre des uns et des autres y devint si grand. que lePeloponese ehangea son nom en celui de Moree, qui indique la eulture tres-multipliee de l’arbre surlequel se nourrit le Ver ä soie. Au neuviüme sifecle, les llaures, qui anterieurement ä cette epoqueavaient introduit cet Insecte utile sur les cötes d’Afrique , le propagerent dans les provinces de lapeninsule iberique, alors sous leur domination. De la Grece , les müriers et les Vers ä soie passerenten Sicile et en Italie, du temps de Roger II, roi de Sicile ; ce prince, s’etant empare, en 1150, desprincipales villes du Peloponese , transporta leurs nombreux ouvriers en soie, et avec eux ieur indus-trie, ä Palerme . Quelques auteurs assurent qu’il y avait dejä longtemps que les Vers ä soie avaientete transporles en Italie , mais leur eulture etait negligee, et on en tirait peu de parti, lorsque Rogerprofita de ses conquetes en Grece pour faire venir ä Palerme et dans la Calabre des gens qui s’enten-daient a l’education des Vers ä soie, et des artisans instruits dans Part d’en fabriquer des etoffes,et ce qu’il y a de certain, c’est que, depuis lors, cette brauche d’industrie prit tellement vogue enCalabre et s’y est si bien soutenue, que peut-ütre encore aujourd’hui cette province produit ä eileseule plus de soie que tout le reste de l’ltalie. Au treizieme et au quatorziüme siede, l induslrie dela soie se propagea de plus en plus en Italic et en Espagne , et l’on dit qu’au commencement duquatorzieme siede, ä l’epoque oü Clement V transfera le saint-siege ä Avignon , le mürier fut plantepour la premiere fois dans les environs de cette ville, mais qu’il ne s’y propagea pas.
Pres d’un siede apres, quelques geniilshommes qui avaient accompagne Charles VIII en Italie pendant la guerre de 1494, ayant connu tous les avantages que ce pays retirait du commerce de lasoie, envoyürent, aprüs la paix, chercher ä Naples des müriers qui furent plantes en Provence et äAllan, a quelques kilometres de Montelimart, oü, en 1802, Faujas de Saint-Fond pretend avoir vuun vieil arbre que la tradition disait provenir de cette epoque. Charles VIII fit distribuer des müriersdans plusieurs provinces, et il encouragea les manufactures de soie de Lyon; mais cependant I’edu-cation des Vers ä soie et la eulture du mürier firent alors peu de progres en France ; el, sous Louis All,on n’employait guere encore que les soies d’Italie et d’Espagne. Henri II , qui fut, dit-on, le premierde nos rois qui porta des bas de soie, rendit, en 1554, un edit par lequel il ordonna de faire desplantations de mürier. Sous Charles IX, un simple jardinier de Nimes fondait dans celte ville unepepiniere, dont les nombreux müriers devaient couvrir, en peu d’annees, le Languedoc , la Pro-vence, le Dauphine, plus tard la Touraine, et quelques autres provinces. Henri IV , d’apres les con-seils d’Olivier De Serres , et, contre l’avis de Sully, fit plantet’ des pepiniüres de mürier, et cbereha äpropager cet arbre, ainsi que le Ver ä soie, et, sous la direction du meme agronome, fit planter, dansle jardin des Tuileries, ä Paris , vingt mille pieds de mürier, et fit elever, dans le meme jardin, unemagnanerie, qui, apres avoir prospere quelques annees, ne put conlinuer de fonctionner, ä cause duclimat de notre capitale, et surtout du peu de soins que l’on y donnait aux Vers ä soie; en outre,Henri IV prohiba, par un edit, I’importation de la soie etrangere, et facilita ainsi, autant qu’il leput, la fabrication du royaume. La eulture des müriers et des Vers ä soie fut negligee en France sousLouis XIII; mais eile fut ranimee, sous le regne de Louis XIV, par Colbert , qui etablit des pepinieresroyales dans le Berry, l’Angoumois, l’Orleanais, le Poitou, le Maine, le Vivarais , la ßourgogne, laFranehe-Comte, la Gaseogne, et qui en meme temps ameliora la fabrication de la soie, en faisant ve-nir dans notre pays Benoit de Bologne. Sous Louis XV , la eulture du mürier continua ä etre encou-ragee, et, principalement de 1745 ä 1756, il fut forme de nouvelles pepinieres dans la Bourgogne , la