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[Papillons ; Papillons nocturnes ou chalinoptères]
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IIIST01RE NATURELLE

ces moyens si dil’ferents qu’elle est arrivee ä soumettre les plantes aquatiques aux memes clianccs dedesti’uction que les plantes qui, vivant sur la terre, sont accessibles a tous les Insectes, ou plutöt,ear la destruction n’est pas son but, ä uliliser les vegetaux qu’elle avait planes dans des conditionsexceptionnelles, et ä les astreindre ä la solidarile qu’elle a etablie entre tous les etres. Du reste, äcette derniöre exception pres, les Clienilles des Ilydrocampites sont conformees comme celles de tou-!es les Pyralites, c’est-ä-dire rases, luisantes, ä seize pattes eompletes', et ä trapezo'idaux tubercu-leux et garnis eliaeun d’un poil fin; seulement, comme eiles sont pendant toute leur vie soustraites arinfluenee de la lumiere, sans laquelle les eouleurs ne peuvent se developper, elles ne presentent quedes teinles uniformes, päles, verdätres, blanchätres ou terreuses. Leurs stigmates ne paraissentdil'ferer de ceux des autres Clienilles qu’en ce qu’ils sont entoures d’un bourrelet plus epais et quipeut probablement les garantir au besoin contre une invasion aecidentelle ou le contact momentanede l’eau qui les entoure a ceriains moments de leur existence. Reaumur a d’ailleurs constate que cesOrganes etaienl, cbez elles. proportionnellement moins delicats que chez les autres Clienilles, et queleur obstruelion eomplete au moyen de l’huile n’amenerait la mort que beaucoup plus tard. Quantä celle qui est inunie de branchie, eile est encore plus privilegiee, puisque De Geer l’a plongee eilentier dans l’liuile, oü eile a conlinue de vivre pendant une semaine entiere. Les clirysalides restentplacees dans les milieux oü leurs Clienilles ont vecu : elles soiit enveloppees dans des eoques con-struites avec de la soie et des debris de feuilles; elles scmt de eouleurs claires, avec une gaine ven-trale plus ou moins longue, et les stigmates portes sur les mamelons plus ou moins sailianls.

« Arrivees ü l’etat d’lnsecte parfait, les llydrorampides conservent encore de l’interet. Ce sont dejolis P sä fond blanc, avec des lignes fines bien trancbees et imitant des broderies, que re-baussent encore de jolis filets d’un jaune fauve ou dort. Quelques-unes ont les ailes inferieures en-core bien plus ornees, comme celles des Caiaclnjaia. Ces eharmants insectes babitent exelusivementle bord des ruisseaux ou des etangs, et s’accrochent ä l’aide de leurs longues pattes aux feuilles desroseaux, des Carex, des joncs et des autres plantes qui s’elövent au-dessus de la surface de l’eau.La moindre agitation causee ä ces plantes, füt-ce celle imprimee par le vent, suflit pour les faire de-guerpir, et ils se mettent alors ä voleravec une certaine nonchalance eten se laissant po.ur ainsi direpousser par la brise; puis, bien vite fatigues, ils saisissent une nouvelle feuille pour se reposer. Oucongoit que ce genre de vie ne les expose pas ä beaucoup de dechirures; aussi trouve-t-on habituelle-ment les mäles dans un etat complet de fraicbeur; mais il n’en est pas de mente des femelies, quisont toujours plus ou moins frottees ou decolortes, et c’est ce qu’il est difiicile d’expliquer, carelles volent peut-etre moins encore que les mäles. Comme elles sont, en general, beaucoup plus ra-res qu’eux, et que, dans quelques especes, on en trouve ä peine une sur trenle individus, doit-onsupposer que c’est dans l’acte de la copulation qu’elles perdenl une partie des ecäilles de leurs ailes?Cependant ces ecäilles, rnalgre leur apparente legerete, sont nontbreuses et solidement attachees äla ntembrane alaire, qui est, au contraire, fort delicate. »

Les Hydrocampa de Latreille, ou plutöt celles de Duponcltel, ont ete partagees, dans ces dernierstemps, en trois coupes generiques distinctes qui se distinguent surtout par les particularites desClienilles.

§ 1 - Hydrocampa, Latreille, Guenee.

Les Clienilles sont assez epaisses, attenuees aux extremites, aplaties sous le venire, ä tete pelite,retraetiles; vivant sur les feuilles des plantes de la famille des Nympheacees: elles sont lisses, lui-santes, de eouleurs ternes, n’ont pas d’organes particuliers pour respirer dans l’eau comme cellesdes Paraponyx, et se rapprochent beaucoup plus, ä cet egard, de celles des Cauichysta. Elles setiennent, comme elles, cacbees sous les feuilles qui nagent ä la surface de l’eau, mais leur four-reau est different. Ce dernier se compose de deux morceaux babituellement ovales, decoupes avecartsur le bord des feuilles du Polamogeion, appliquees exactement Lun sur l’autre et colles sur leursbords, avec. le milie.u renfle, de Sorte qu’ils imitent une gousse de pois. La Chenille, logee dans cetteconcavite, s’est menage, par un des bouts, une ouverture pour sortirla tete et ses anneaux, pourvusde pattes ecailleuses, et eile tralne ce sac apres eile toutes les fois qu’elle veut changer de place; cefourreau est construit ä neuf apres ebaque mue, et sa taille augmente avec celle de la Chenille. Pourse chrysalider, les Hydrocampes atlachcnt leur dernier fourreau sous les feuilles de Polamogeionet des Nympluea, et le tapissent, ä l’interieur, de soie blanche et serree : ces clirysalides sont päles,