22-1
PAPILLONS.
plusieurs de nos arbres ä fruit, et surtout nos pommiers; les Teignes, ces ennemis en quelque Sortedomestiques, qui, dans nos foyers memes, detruisent nos tissus, etc.
Ce n’est pas, on le comprend, ä l’etat de Papilion que les Microlepidopleres nous sont dangereux,car ils prennent peu de nourriture, et ne nous nuisent nullement en attaquant quelques fleurs ouquelques feuilles, mais c’est ä l’etat de Chenille, leur veritable vie aclive (si nous pouvons nous expri-mer ainsi), qu’ils nous eausent des degäts quelquefois tres-notables. Ces Chenilles ne sont plus con-stituees d’une maniere aussi complete que celles des especes superieures; ce sont en quelque Sorte depetits Vers de couleurs päles. Mais, hätons-nous de le dire, nous ne savons que bien peu de chose dece premier etat de l’Insecte, et beaucoup moins que nous n’en savons du Papilion proprement dit.Peut-etre. sur vingt especes connues, n’a-t-on pas encore donne la description d’une seule Chenille :cependant ce qui en a ete dit, et nous devons principalement citer les observations de MM. Guenee,Stainton et de quelques autres, nous presente des observations du plus haut interet, des faits inat-tendus, et sans nul doute celte partie de la Science sera, d’ici & quelques annees, l’une des plus cu-rieuses que nous ayons. Le passage de l’etat de Chenille ä celui de Papillon se fait de manieres assezvariees, et dejä certaines chrysalides ont presente des particularites curieuses sur lesquelles nousreviendrons.
Fig. 166. — jEdie mignonette. (Pusiella.)
On connait, en Europe seulement, un tres-grand nombre de Microlepidopteres, et lorsqu’on etu-diera serieusement cette partie de l’entomologie, nul doute que ce nombre ne sera bientöt double etmeme triple. Quant aux espöces exotiques, on n’en a decrit qu’excessivement peu; on n’en rencontreque quelques-unes indiquees dans les auteurs : ce sont des especes que le hasard a donnees auxVoyageurs et qu’ils n’ont pas recherchees, parce qu’elles sont tres-difficiles ä conserver et parcequ’elles n’offrent pas de valeur. II doit neanmoins s’en trouver ä l’etrangcr aussi bien qu’en Europe ,et il n’est pas douteux qu’elles ne soient tres-abondamment repandues sur tout le globe. Commentexiger des naturalistes voyageurs qu’ils ne negligent pas les Microlepidopteres, alors que la plupartdes auteurs de catalogues de Lepidoptöres ont arrete leur travail avant de commencer l’indicationdes noms de ces petits etres, et alors qu’il n’existe aucun travail complet sur cette tribu? Aussi,pour donner un nouvel elan ä cette partie de la Zoologie si negligee encore aujourd’hui, attendons-nous avec une vive impatience le travail general que prepare depuis longues annees notre savant col-legue M. Guenee, et qu’il doit publier prochainement dans le Speeles des Lepidopteres de l’editeurRoret . Pour nous, dans cet ouvrage, autant que sa forme elementaire pourra nous le permettre, nousnous elendrons le plus que nous pourrons sur la distinction generique et les moeurs des Microlepi-dopteres, et nous seron.s heureux si, par notre travail, nous avons engage quelques-uns de nos lec-teurs ä recueillir des observations nouvelles, et ä ajouter ainsi de nouvelles pierres ä l’edifice quela Science reclame.
Pour terminer ces generalites, nous dirons, principalement d’apres un travail de M. Guenee, inti-tule : Essai sur une nouvelle classificalion des Microlepidopleres et calaloijue des especes euro-peennes connues jusqu'ä ce jour, et insere, en 1845, dans les Annales de la Sociele enlomolo-gique de France , quelques mots relativement ä l’histoire de la Science qui concerne les Microlepido-pteres.
Linne n’a etabli dans les especes qui nous occupent que trois grandes divisions : Torlrix, Tineaet Alucita, comprenant cent cinquante-huit especes, et ses divisions du Sijslema natura: formentencore aujourd’hui la base des trois divisions primaires des Microlepidopteres. Scopoli , dans YEn-lomologia Carniola, a decrit, pour le pays qu’il fait connaitre, un plus grand nombre d'espöres que