PAPILLONS. 293
chaque Insecte parfait sous tous les points de vue qu’il peut präsenter, alors, mais alors seulement,on pourra y Former de bons groupes naturels.
Quoi qu’il en soit, ä l’elat de Papilion les (Eeophores sont presque tous ornes de couleurs metal-liques trös-brillantes, mais leur petite taille fait qu’ils echappent facilement ä la vue et qu’ils sontnegliges des amateurs. Näanmoins nous croyons devoir encore le repeler, ces Lepidoptäres sontplus grands et aussi interessants ä connaitre qu’une foule de tres-minimes Coleopteres que, gräceaux zoologisles modernes, nous connaissons aujourd’hui bien completement et ä l’etat parfait et qtiel-quefois meme dans celui de leurs diverses transformalions. L’etude des uns n’est pas plus diftieileque celle des autres; le microscope et les figures grossies sont applicables ä tous deux; et, d’apresIa tendanee actuelle de la Science, nous avons le ferme espoir de voir enfin, dans quelques annees,les Microlepidopteres sortir du chaos dans lequel ils ont ete laisses completement pendant si long-temps : la Societe entomologique de France (et surtout MM. Boisduval, Bruand , Duponchel, Guenee,llerrich-Schoeffer, Stainton, etc.) y aura contribue beaucoup, et eile aura ainsi justifie l’aphorismeporte en tete de chacun de ses volumes : Natura maxime miranda in minimis.
On trouve des (Eeophores dans les bois et surtout dans les vergers depuis le commencemenl dejuin jusqu’au mois de septembre. Quelques especes seulement apparaissent deux fois paran, tandisque la grande majorite des autres n’ont qu’une seule generatiori annuelle. Les Papilions que l’on voiten mai pondent peu apres des ceufs; les Cbenilles se diveloppent pendant Fete, se transforment enautomne, et les chrysaiides qu’elles forment passent l’hiver. On connait des OEcophores dans pres-que toutes les parties du monde, et il doit eil exister un ires-grand nombre; les especes d'Europe sont au nombre d’une soixantaine; eiles sont repandues partout; quelques-unes sont propres ä plu-sieurs pays, et jusqu’ici c’est l'Allemagne qui en a fourni le plus; mais, nous devons le dire, cecin’est probablement pas une regle de geographie entomologique, et ne demonlre qu’une seule chose,que les Allemands ont plus recherche ces Lepidopteres que les Fran^ais et les autres peuples euro-peens ct etrangers.
Pour faciliter les descriptions specifiques, dans lesquelles nous ne pourrons faire connaitre que lesespeces principales, nous partagerons ce genre en deux groupes qui correspondront aux deux coupesgeneriques admises en dernier lieu par Duponchel.
§ 1. OEcophores propremenl dilc.s.
Une quarantaine d’espäces entrent dans ce groupe; l’une d’enlre eiles (olivella) devra surtout nousoccuper, et nous ne dirons que quelques rnots de plusieurs autres ; 1° OEcofhore de Schceffer ( OEco-phora Schcefferella, Linne ), type du genre Glyphipteryx, Curtis. Envergure, un peu moins de0 m ,001; ailes anterieures, en dessus, d’un beau fauve dore, avec la cöte argentee, trois gros pointsd’argent eleves et cernes de noir, disposfes triangulairement, une tacbe noirätre ä la base, frangenoire, avec un redet bronze tres-brillant, dessous noir : posterieures noires sur les deux surfaces.Cbenilles vivant dans l’epaisseur des feuilles du hetre. Le Papillon se montre en juin, et n’est pasrare en Allemagne et dans le nord de la France . 2“ OEcofhore d'Uermann (Tinea IJermannella, Fa-bricius; Ghjphipteryx Z'mckella, Curtis, Hübner). Envergure, 0 m ,008; ailes anterieures, en dessus,d’une belle couleur d’or, avec trois lignes et quatre points d’argent cernes de noir, frange noirätre,ainsi que le dessous : posterieures noirätres sur les deux surfaces, avec la frange plus claire. LaChenille se trouve, en aoüt, sur les feuilles du chenopodiam bonus-henricus, dans le parenchymedesquelles eile se creusent des galeries circulaires; tant qu’elle vit renfermee, sa forme est aplalie,large dans le milieu et njince aux deux bouts; sa couleur est vert blanchätre, ä aspect vitreux, avecla tete jaune; mais, parvenue ä une certaine taille, eile quitte ces galeries et prend une forme et unelivree differentes ; eile se raccourcit, devient grosse, semi-spherique, jaune päle, avec huit raies lon-gitudinales carmin plus ou moins clair; eile cesse de rnanger, et, au commencement de septembre,se fde, dans la terre ou sous la mousse, une coque ovalaire dans laquelle eile se transforme en ehry-salide au printemps suivant seulement. Le Papillon en sort en juin ou juillet seulement; et se trouveassez abondamment en France, en Allemagne, en Autriche , etc. (Voij. Atlas, pl. XXXVIII, fig. 4.) .
OEcophore de i.’olivier ou OEcofhore du noyau de l’olive (OEcophora olivella, Boyer De Fonsco-lombe, Duponchel; Tinea olivella , Fabricius). Envergure, 0 m ,(H5; ailes anterieures et posterieures d’un