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le sont souvent. Elles participent d’ailleurs plus ou moins, selon leur hauteur, äux caractfsres desplantes alpestres et subalpines.
Les plantes des champs decouverts redoutent l’ombre des bois, et ne s’elövent que dans des lieuxaeres; eiles aiment pour la plupart les terres meubles et fertiles. Les terrains cultives prfisentent desespeces souvent etrangeres au pays, introduites avec des graines venues de loin. Le genre de cultureinflue d’ailleurs beaucoup sur la nature des plantes adventices, dites mauvaises herbes, qui s’ytrouvent.
Les prairies, les rochers, graviers, murailles, terrains rocailleux et pierreux, les sables, les de-combres qui avoisinent les habitations, constituent encore autant de stations susceptibles devarierpour ainsi dire ä l’infini, selon les circonstances secondaires, et qui presentent certains vegetauxcaracteristiques. Les terrains, les cavites, la terre meme, offrent surtout des Cryptogames.
Enfin, les vegetaux eux-memes servent de Station ä d’autres vegetaux, que nous connaissons dejasous le nom de Parasites; les uns vivent specialement sur teile ou teile plante, les autres sur desespeces plus ou moins nombreuses.
L’liabitation des plantes est aussi variee que le*ur Station. Quand'on considfere sous ce rapport lesdifferents points de la surface du globe, on serait tente de croire que chacun d’eux, des le principe,a ete l’objet d’une cröation ä part, tant leur Vegetation presente de differences independantes descirconstances physiques. Deux localites presentant le meme ensemble de conditions physiques peu-vent avoir une Vegetation fort peu semblable. Mais ordinairement les plantes transportees de Tun deces climats dans l’autre y prosperent comme dans leur sol natal, s’y naturalisent, en un mot. C’estce qui est arrive chez nous pour les Coquelicots, les Bluets, les Nielles; en Amerique , pour le Char-don-Marie, la grande Cigue, la Yiperine, etc. Ces plantes se sont si bien naturalisees de part etd’autre dans leurs nouvelles patries, qu’on les en croirait indigenes au premier coup d’ceil. On con-coit qu’une espece, partant ainsi d’un centre quelconque, se propage en rayonnant autour de lui tantqu’elle trouve les conditions necessaires ä sa vie.
On a nomme sporadiques les vegetaux repandus dans de grands espaces et dans plusieurs paysdifferents; endemiques ceux qu’on a observes dans certains pays. Les meines epitbetes peuvent s’ap-pliquer aux genres et aux familles aussi bien qu’aux espöces, mais necessairement dans des limitesplus etendues (1).
Souvent une espece est remplacee dans des climats analogues au sien par une autre espfece dumeme genre; c’est ainsi que le Chamcerops humilis, en Europe, et le Chamcerops palmetto, en Ame-rique, marquent la limite septentrionale des Palmiers . C’est ce qu’on designe sous le nom A'equiva-lents ou de substitulions. D’autres fois ce sont deux genres ou deux familles analogues. Pour l’etudeeomparative des vegetations de tous les pays, pour etablir la Science de la geographie botanique, il estdonc indispensable de nommer et de decrire tous les vegetaux de chaque localite. On appelle Floresles livres composes dans ce but, et on donne aussi ce nom ä 1’ensemble des plantes qui croissent dansune circonscription donnee.
La masse des individus vegetaux qui couvrent une surface donnee est d’autant plus grande,que les circonstances physiques y sont plus favorables ä la Vegetation et que les especes sont enmoyenne d’une stature plus petite. Ce nombre est ä peu pr6s impossible ä estimer dans la plupartdes cas.
11 est moins difficile d’estimer le nombre rclatif des individus de cliaque espece dans un paysdonne, ce qui constitue son degre de rarete. On remarque en general dans chaque region, quelle quesoit son etendue, des especes tres-communes qui deviennent rares en s’eloignant d’un centre com-mun, et qui s’arretent plus ou moins brusquement ä certaines limites. Ainsi le degre de frequenccobserve en divers points pour une meme espece aide a determiner le siege principal de son habita-tion. On a nomme plantes sociales les especes qui croissent en grand nombre et couvrent souvent ungrand espace.
Le nombre absolu des especes d’un pays donn6 depend : 1° de l’etendue de ce pays; 2° des de-gres de chaleur et d’humiditfe plus ou moins favorables ä la Vegetation; 3° du nombre et de la naturedes stations; 4° du rapprochement ou de l’eloignement des autres terres.
(1) Jussieu, Elements de Botanique.