200 WSTOIRE NATURELLE
Oe l’action glorieuse; ces couronnes, quc Ton nommait obsidiennes, formaient la plus haute dis-tinction.
La substance muqueuse que renferment les semences des Graminees reside dans Tembryon, et lasubstance amylacee dans le perisperme. C’est pour cette raison que le riz du commerce ne peut ser-vir, comme notre froment, ä faire du pain : ce riz, dans Tetat oü nous le recevons, etant monde etn’ayant plus de germe, ne contient qu’une matiere farineuse, et presque point de substance mu-queuse fermentescible; il en est de meme de Torge monde, que Ton ne trouve, en cet etat, si adou-cissant, si pectoral, que paree que les graines qui le constituent n’ont plus de gerne, et, par conse-quent, plus de ferment.
Mais la fecule n’est pas le seul produit utile fourni par les Graminees ; les tiges de plusieurs es-peces renferment une grande quantite de sucre, et Tune d’elles est depuis longtemps celebre sous cerapport. Quelques-unes sont susceptibles de donner des boissons fermentees.
Les Graminees renferment aussi generalement de la silice qui se depose dans ieur epiderme, etqui meme se ramässe assez souvent dans les nceuds de quelques-unes en concretions pierreuses; lestiges de plusieurs en renferment assez pour faire feu au briquet. Ses proportions augmentent avecTage; aussi faut-il cueillir jeunes les tiges qui doivent etre employees ä faire les ouvrages delicats,tels que ceux qu’on fait avec les pailles dites dTtalie. Cette quantite de silice contribue ä rendre cesplantes incorruptibles et ä les faire employer avec avantage pour couvrir les maisons etgarnir les lits.
Relativement aux proprietes medicales, ces plantes offrent moins d’interet. Les tiges et les racinesde toutes les especes sont plus ou moins douces etsucrees; les fruits depouilles de leurs enveloppes,ou mondös, servent ä faire des decoctions adoucissantes et alimentaires. II n’y a pas de plantes ve-neneuses, sauf peut-etre une espece d’Ivraie.
Cette famille est tres-nombreuse; eile renferme environ trois mille especes; mais, par la multiplicitedes indivjdus surtout, eile surpasse toutes les autres. Beaucoup d’entre elles sont sociales, et souventune seule espece couvre une immense etendue de pays. On trouve des Graminees presque ä toutes leslatitudes et ä toutes les hauteurs, sur tous les sols, et meme dans les eaux douces, mais jamais danscelles des mers. La diffusion geographique de cette famille n’a presque pas d’autres limites que cellesdu regne vegetal. Les Graminees des regions tropicales sont plus grandes, leurs feuilles plus larges,plus laneeolees, plus molles, plus velues. Les especes ä fleurs diclines y sont plus communes. Enfin,les Graminees y sont moins sociales; les prairies naturelles, communes dans le Nord, plus rares dansle Midi, manquent complfetement sous les tropiques.
La distribution geographique des Graminees cultivees ou Cereales, bien que tenant principalementau climat, est souvent aussi influencee par les habitudes des peuples, par la civilisation ou par lecommerce. Leur limite septentrionale est une ligne oblique qui atteint le soixante-dixieme degre enLaponie, tandis qu’elle depasse ä peine le cinquantieme dans le Kamtchatka; en Amerique , cetteligne passe ä cinquante-six degres sur la cöte occidentale, ä cinquante et un sur la cöte orientale. LesCereales qui s’avancent sur cette latitude sont TOrge et TAvoine; le premier grain qui vient se joindreä ceux-lä, en allant vers le Midi, est le Seigle . A la culture du Seigle succede celle du Ble, d’abordexclusive, puis melee ä celle du Mais et du Riz. Enfin, dans les regions tropicales, on trouve leDourra (Sorghum), TEleusine, le Teff (Poa Abyssinica). etc. Mais, dans cette zone, le röle des Ce-reales perd beaucoup de son importance, et devient meme quelquefois nul par suite de la presenced’autres matieres alimentaires egalement feculentes et plus faciles ä se procurer. Sur une montagne,on verrait se reproduire, de la base au sommet, ä peu pres la meme succession de culture qu’ens’avancant de Tequateur au pöle.
PREMIERE TRIBU. — ORYZEES.
Epillets uniflores, manquant souvent de glume par avortement, ou ä deux ou trois fleurs; la fleurterminale seule fertile, les une ou deux inferieures neutres ä une seule ecaille; glumelles roides-chartacees; fleurs souvent diclines, le plus souvent ä six etamines.