-178 HISTOIRE NATURELLE.
fluatee, etc.; le feu de forge est employe pour eprouver les pierres ä eliaux, les argiles, et meinequelques metaux, etc.
Mais cesessais, tout en etant suffisants dans beaucoup de cas, ne peuvent pas toujours remplacerl'analyse complete, pour laquelle toutes les ressources de la Chimie doivent etre employees, et qui,seule, donne la composition verkable du corps qui lui est soumis. C’est ainsi que l’analyse doit tou-jours etre faite rigoureusement pour les mineraux nouveaux, et que les essais ebimiques ne doiventguere etre usites que pour reconnaitre des corps dejä decrits.
Sous le rapport de la composition intime que l’analyse demontrera, les mineraux peuvent varierentre eux assez considerablement. Les uns sont visiblement heterogenes, c’est-ä-dire formes desubstances differentes agglutinees ensemble dans une meine päte ou gangue: tel est, par exemple,le Granit; les autres homogenes, soit plutot visiblement que reellement, comme l’Argile, qu’ä l’aidede verres grossissants on voit formee de particules differentes, soit toutä fait homogenes, au moinst our nos moyens d’investigalion, comme les corps simples. En outre, les mineraux peuvent §tresimples dans leur composition; binaires, comme les oxyde«, les sulfures, les chlorures, quelquesalliages; ternaires, de meine que les hydrates d’oxydes, beaucoup de sels; quaternaires, etc. L’ana-lyse chimique montre non-seulement les substances qui entrent dans un mineral, mais eile doit faireplus, et exprimer dans quelles proportions se trouvent les elements Constituante: la masse totaleetant prise pour 100, on en deduit en quelle proportion se rencontrent les corps simples qui s’y trouvent.On a meine ete plus loin encore, et, comme les atomes ou les dernieres particules des corps ont, d’a-pres la Chimie, des poids relatifs particuliers, l’analyse chimique montre combien, pour un atomed’une certaine sorte de substance, il entre d’atomes de chaque autre sorte de subslance dans unemolecule del’espece mineralogique. Dans les analyses, pouraider la memoire, sans avoir ä repeteren entier le nom des corps composants d’un mineral, on est convenu d’adopter des formules em-pruntees en quelque sorte aux mathematiques, et produites en general par une ou deux des lettresdu nom francais ou latin du mineral: c’est ainsi, pour citer quelques exemples, que le Carbone estrepresente par la lettre C; l’Eau, par Hy; l’Argent, par Ag; le Cuivre, par Cu; le Plomb , par Pb; leZinc, par Zn; le Mercure, par Hg; la Potasse , par K, etc.: on a meme fait plus, et des points ennombre variable et places au-dessus des lettres indiquent si ce sont des acides, des oxydes, etc.,dans lesquels entre le mineral indique. Ces procedes d’analyse, ou plutot de nomenclature, sont desplus importants, mais il ne nous est pas permis de les exposer en detail dans ce court resume.
L’analyse ne suffit pas toujours seule pour definir un mineral, meme ch.imiquement. En effet, ilexiste des corps qui, avec la meme composition relative, different cependant specifiquement; car ilsn'ont pas la meme forme cristalline, et il faut alors avoir recours ä l’ensemble des proprietes phy-siques, mecaniques ettactiles. Ces cas, qui se pre’sentent tres-rarement dans la nature, comme, parexemple, dans le Calcaire commun, qui cristallise en rhombo'ide, et dans l’Arragonite, qui/formedes prismes tres-differents, sont, au contraire, assez nombreux parmi les corps artificiels produitsdans les laboratoires; ce sont les mineraux que l’on nomme isomeres.
Les proprietes mecaniques des corps bruts, tout en ayant moins de valeur que les proprietes phy-siques et chimiques, en ont encore une assez grande.
La durete, en Mineralogie , est cette propriete des corps de resister plus ou moins a l’action d’etreentames par un instrument trancbant, et eile est ainsi manifestee paree que le mineral peut plus oumoins facilement etre raye. Par consequent, la durete n’est pas ici, comme dans le langage vulgaire,l’oppose de la fragüite: c’est la faculle de pouvoir se desagreger facilement et sans le moindreehoc, et un meme mineral peut ä la fois etre dur et fragile. La durete est un caractere utile ä con-sulter, et depend de la disposition moleculaire des corps, quoique le moindre melange heterogenesuffise pour la faire varier dans une meme espece: avec la moindre pointe de fer on peut determinersi teile röche est calcaire ou quartzeuse, car la premiere se laisse facilement rayer en blanc, tandisque l’autre, au contraire, attaque la pointe et lui resiste. Le Diamant est le plus dur de tous les mi-neraux, i! ne peut etre raye que par lui-merne, et raye tous les autres; le Tale est, lui, toutä l’oppose,le plus mou des corps bruts. On a, entre ces deux mineraux, pris comme types, dispose huit autressubstances: le Corindon,la Topaze, le Quartz, le Feldspath, l’Apathite, le Fluor, le Calcaire et leGypse, qui sont de moins en moins dures, et on a applique ä chacune d’elles un numero, et parcomparaison avec elles on a pu dresser une espece de table relative de la durete de tous les mine-