Band 
Sur la zoologie et la phytologie. Minéralogie - Géologie - Races humaines.
Seite
222
JPEG-Download
 

222

IIISTOIRE NATURELLE,

terieurement indique une idee ä peu pres semblable, car pour lui les Primates renfermaient ä lafois et l’Homme et toute la longue Serie des Singes.

Nous devrions peut-etre chercher ä demontrer la faussete de ces rapprochements et ä faire voirla superiorite incontestable de lTIomme sur tous les etres de la creation, parier du grand develop-pement de son Systeme nerveux et surtout de son cerveau, montrer que, de tous les etres, c’estcelui qui porte ie moins d’instincts en naissant, et, par consequent, celui qui a seul besoin de l’e-ducation pour que son intelligence se developpe, et indiquer surtout son essence spirituelle : sonäme; mais ce serait repeter ce qu’a si bien dit M. le docteur Chenu, il y a pres de dix ans, au debutde cette Encyclopedie , dans le volume consacre aux Quadrumanes, lorsqu’il a montre lenormebiatus qui se trouve entre THomme et les premiers des Singes: nous n’insisterons donc pas sur cesujet important, et nous renverrons aux passages que nous venons de citer.

Disons cependant que THomme a de nombreux rapports avec certains Mammiferes ; mais faisonsremarquer que ce que nous allons rapporter ä ce sujet est emprunte ä Bory deSaint-Vincent qui, lui,comme nous l’avons dejä dit, admet que notre espece est la premiere entre toutes celles de la classedes Yertebres. « Les Cbauves-Souris, les Singes, les Orangs et les Hommes, dit l’auteur que nousvenons de nommer, ont de commun la disposition des dents et la Position pectorale des mamelles;chez les mäles, la liberte totale du membrc qui caracterise le sexe, demeure pendant quand iln’est point excite par des desirs amoureux, son prepuce n’etant pas attache de maniere ä le retenircontre le corps; enfin, chez les femelles, un flux menstruel commune'ment appele regles. De l’iden-tite d’organisation dentaire proviennent, sinon les niemes appetits absolument, du moins certainesanalogies dans les organes digestifs; de la ressemblance de l’appareil generateur et des fluxionsperiodiques suit un meme ordre d’accouplement, non subordonneä la saison du rut; de la Situationpareille des sources oülespetits puisentleurnourriture resulte une meme maniere d’allaitement, oü1’embrassement de la progeniture doit ajouter ä l’amour maternel. Ces derniers rapports surtout ontdu provoquer le pencbant que montrent les Anthropomorphes ä vivre en famille, pencbant qui, chezTHomme, n’eüt cependant pas suffi pour determiner l’etat social, si son denüment m6me et la facultequ’il a d’exprimer sa pensee par le langage articule et i’ecriture n’eussent subsequemment deter-mine cet etat social auquel il dut ütre longtemps etranger... En eliminant les Cbauves-Souris del’ordre oü Linne les rapprocha de nous, en reduisant les Primates de ce grand naturaliste ä nospareils et ä ses Singes, nous trouverons que les conformites se multiplient. Les intestins deviennenteu tout point semblables; des fluxions menstruelles apparaissent encore plus regulierement dansles femelles, qui elevent et transportent au besoin leurs petits de la meme facon; les yeux, dirigesen avant et d’accord, donnent ä la vision cette unite qui doit contribuer ä la rectitude des idees; lafosse temporale est separee de Torbite par une cloison osseuse; des mains, attHbuts precieux dutact, determinent pour une grande part la superiorite intellectuelle que semble Commander d’ail-leurs un cerveau profondement plisse, ä trois lobes de chaque cöte, et dont le posterieur recouvrele cervelet: le dernier de ces trois lobes n’existe pas dans les Chauves-Souris . »

A ce parallele entre THomme et les Quadrumanes nous pourrions faire de nombreuses objec-tions, montrer que les Singes lendent ä avoir en quelque sorte quatre mains, ce qui, pour cela,n’est pas un perfectionnement, et que la marche n’est reellement rectiligne que dans THomme, careile ne Test plus dejä dans le Gorille, le Chimpanze , l’Orang; dire, comme Ta si bien fait voirM. Iodocteur Gratiolet , que notre cerveau est bien plus complexe que celui mßme des Singes supe-rieurs, etc. : mais ce serait empieter sur Tenonce des caracteres de Tespece humaine que nous don-nerons plus tard.

Chez les anciens, Aristole et Pline, et chez les modernes, une foule de savants, comme Ray, Pen-nant, Daubenton, Buffon, Yicq-ci’Azyr, Tiedemann, Swainson, de Blainville, MM. Serres, 1s. Geof-froy Saint-Hilaire et tant d’autres, se sont refuses ä classer THomme avec les animaux. Beaucoupd’autres naturalistes, au contraire, tout en reconnaissant Tenorme difference qui se trouve entreTHomme et les betes, les ont places dans une meme division de premier ordre : Blumenbach ,des 1795, et depuis, G. Cuvier, en 1817, dans la - premiere edition du Regne animal , fonderent pourTHomme l’ordre des Bimanes, qui indique chez lui la superiorite de la main, cet instrument admi-rable; Illiger, en 1811, prefera pour cet ordre le mot Ereda, qui caracterise THomme par la Sta-tion verticale que, seul de tous les etres, il possede completement; Fischer, et aussi le prince