HIST01RE NATURELLE.
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satisfaire, ne s’y Tut pas longtemps conserve, si, dans sa faiblesse meme, il n’eüt trouve des incita-tions puissantes pour sortir de sa condition animale: il u’etait pas couvert d’une fourrure, il devaitse chercher des velements; il n’avait ni serres dechirantes, ni dents redoutables, ni piquants, niecailles, il lui fallait trouver au moins des rnoyens de defense; ses pieds n’etaient proteges par aucunongle dur, l’invention d’une chaussure lui devenait tot ou tard indispensable pour entreprendre degrandes migrations. Lorsque, apres bien des siecles de faiblesse et de nudite, il füt parvenu ä se fa-briquer des habits, des semelles et des armes, il n’eüt encore ete qu’au niveau, tout au plus, desOurs et des Solipedes; mais, excite par sa faiblesse et son denüment, l’Homme n’eüt cependant pusatisfaire ä ses moindres besoins, s’il n’eüt grandi sous la protection de celle qui le mit au jour, ets'il n'en eüt consequemmentrecu un genre d’education plus complet que celui que peuvent recevoirles petits du reste des animaux; ceux-ci, ne demeurant que peu de temps aupres de leur mere, s’enseparent avant que les liens de famille aient pu se resserrer. Mais il n’en est pas de meme des en-fants; avant l’äge de puberte, les malheureux courraient risque de mourir de faim ou d’etre de-vores par le moindre des Carnivores, si leurs parents les abandonnaient, et pendant les annees quis’ecoulent entre la naissance et la possibilite de l’emancipation, les membres de la famille ont letemps de s’altacher les uns aux autres... De lä on eüt vu les diverses races du genre humain forrnertout au plus des Landes errantes et peu nombreuses, oü cbaque individu, ne connaissant de loi quecelle du plus fort, ayant une certaine propension ä opprimer ses semblables, pouvait ä cbaque in-stant devenir la cause d’une dispersion sans retour. » Mais ä ces conditions tout animales sejoignirent bientot le penchant de l’Homme ä la fidelite, d’oüresulta le premier mariage, puis lessoins de l’education des enfants; l’avantage que lui procura la disposition.de la rn'ain, et surtoulle mecanisme de l’organe d’oü proviennent les facultes vocales, qui lui permirent seid, dans toute lariature, d’articuler des sons et de pouvoir se faire comprendre. « Cependant l’homme et la femmemarchaient apparies, bientöt suivis d’enfants imitateurs armes pour la defense commune, ou pourattaquer les betes sauvages, vötus des depouilles sanglantes de celles ci, et parlant une ebauche delangage... Le genre humain se montrait, sur la face enliere du globe, ce que nous le voyons main-tenant encore sur les cötes de la Nouvelle-Hollande... Les donnees manquent pour etablir quelleput ötre la duree de temps pendant laquelle nos pöres vaguerent dans cette condition sauvage, oül’anthropophagie etait un goüt universel; c’est ce que les poetes ont appele Vage d'or. L’Homme yfüt sans doute eternellement demeure, si quelque grand evenement, independant de sa volontebornee, n’eüt determine le perfectionnement de son existence. Mais deja il avait su asservir les ani-maux et se former des troupeaux pour son alimentation, qui ne fut plus aussi vegetale qu’ä l’ori-gine du monde.
« Ici commenee l’äge d’argent, oü le vcritable etat social va remplacer la simple association defamille... Des traditions mythologiques permettent dejä de reconnaitre alors quelques lineamentsd’histoire: cette seconde epoque date de la decouverte du feu, source feconde de vie, d’intelligenceet de maux.» Le feu, en effet, soit qu’il provienne de la foudre embrasant les foröts, soit qu'il soitsorti des crateres des volcans, fut, comme le montre Bory de Saint-Yineent, l’embleme du premierculto ä lä Divinite , et, conserve dans l’interieur des familles, en devint le lien.» Nous ne tenteronspas d’evaluer pendant combien de siecles les Ilommes, rapprocbes par l’usage et le culte du feu,vecurent dans l’enfance de l’etat social, auquel manquait, pour se perfectionner, un element nonmoins essentiel, la connaissance et Temploi desmetaux. Toujours reduits ä se faconner des instru-ments en bois ou en pierre, leur industrie ne pouvait se developper; il ne leur etait pas encorepossible d’elever des monuments capables de braver les siecles et de perpetuer leur Souvenir. Lesguerres n’etaient que des attaques tumultueuses de famille ä famille, de tribu ä tribu, insuffisantespour influer sur le sort de l’espece entiere; la force individuelle seule assurait alors le succes dumoment, sans etablir le droit de conquete... Le langage s’etait dejä accru; il avait agrandi le cercledes idees, et les idiomes naquirent encore avec l’aurore de la civilisation autour du foyer domes-tique. » C’est l’etat dans lequel les navigateurs de la fin du siede dernier trouverent les habitantsd’une grande partie de l’Oeeanie.
« Un troisieme äge commenee avec l’art d'extraire du sein de la terre des substances me'talliques,’et ce sont les plus faciles ä travailler qui, d’abord, sont substituees aux haches en pierre, aux jave-lots et aux massues de bois, aux fleches armees d’une arete de poisson. 11 est nomme 1 'äge d’airain,
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