ANTHROPOLOGIE. — TYPE BLANC. 251
mourut sans avoir renonce ä ses desseins, mais sans avoir pu les accomplir. Les cliefs qui lui succe-derent, desesperant de gagner jamais une contree dont personne ne savait plus la route, se firentune terre promise de la premiere terre habitable qui s’offrait ä leur avidite. Ce fut la montueusePalestine qu’ils s’approprierent par une guerre d'extermination, et eomme du lieu d’oü ils seraientprimitivement sortis. Ils y devinrent ces Juifssuperstitieux et persecuteurs, maintenant perseculesä leur tour, reprouves, etrangers partout, comme si, pour ceux dont le Dieu poursuit le crimejusque dans les enfants, le sang des Cananeens criait encore vengeance. »
Le peuple juif , chasse de sa patrie depuis la domination romaine, et errant au milieu de toutes lesautres nations, dont il a adopte les moeurs exterieures, est reste immuable dans la croyance d’unDieu eternel, unique, et n’a jamais soufi'ert que cette unite fut alteree dans ses livres sacres : aussile judatsme est-il encore aujourd’hui ce qu’il etait au temps de Mo'ise. Adonne au trafic et au lucre,sansinstinct guerrier.le Juif est demeure pendant dessiecles sdusle coupde l’anatheme de Titus , puisdes nations chretiennes au moyen age et meme dans les temps modernes; partout on eut pour luiun profond mepris, et il fut abreuve d’avanies.Maisavuc notre etat avance de civilisation, ces chosestendent ä cbanger: il en est de möme de leur intolerance religieuse, et l’on vient de voir que detoutes parts l’or juif est envoye au secours des familles de cbretiens egorges en Syrie par la fureurmahometane.
Nous n’ajouterons rien au peu de mots que nous avons consacres aux peuples anciens de la famillearameenne; disons seulement que les descendants de l’antique peuple Syrien sont, ä ce que Ion croit,es Yacoubi actuels de la Mesopotamie et de la Chaldee et aussi les Druses et les Maronites du Liban :les premiers ayantunculte propre, et les seconds professant le cbristianisme, d’oü resultent cesepouvantables massacres auxquels nous avons fait allusion.
La famili.e libyenke, constituant la deuxieme division du rameau semitique , est l’une de cellesque mentionnent les documents les plus anciens, et il est probable qu’elle avait colonise les rivagesde la mer Mediterranee bien avant lesTelasges et les Egyptiens . Nee dans la cbaine de l’Atlas, eiles’est repandue en Europe , dans les provinces de l’Afrique occidentale, le long de l’Ocean jusqu’aucap Blanc, et dans les territoires de Maroc et de Tunis . Elle peuple aujourd’hui toute la Barbarie,l’Algerie, le Sahara, le Fezzan et le desert de Barca : sous la denomination de Maures, eile a envoyedes colonies dans le centre de l'Afrique jusqu’en Cafrerie, sur les cötes ds'Zanguebar, dans le de-troit de Mozambique et jusque dans le nord de Madagascar .
Ces peuples ressemblent aux Arabes pour la stature et les traits du visage : aussi ne reviendrons-nous pas sur ce que nous avons dit k ce sujet de la race semitique en general. Sobres, guerriers,fanatiques, ils sont partages en tribus independantes, sous les denominations üeJiabyles, de Der-beres ou de Schell'as, vivant des produits de leur agriculture, du lait de leurs chamelles, et surtoutdesdattes qui poussent dans les oasis de leurs vastes deserts. Ces populations libyennes ont con-serve la plupart de leurs antiques coutumes, et sont restees stationnaires dans leurs idees: tellesque nous les decrivaient les Romains lorsqu’ils furent en contact avec eux par la prise de Carthage ,telles nous les avons retrouvees lors de la conquete de l’Algerie en 1830, et telles encore eiles sontaujourd’hui. Il en est qui habitent des grottes, mais le plus grand nombre d’entre elles vit sous destentes et tout pret ä quitter le pays a la moindre alerte; toutes se creusent des silos pour la Conser-vation de leurs reeoltes, et tissent les poils de leurs Chameaux pour se former des vfitements. Elleont embrasse le mahometisme,qu’elles pratiquent avec une profonde ferveur, croyant aveuglementaux revelations de leurs marabouts, et obeissant ponctuellement ä leurs ordres, leur mort devrait-elle fatalement en etre le resultat. Dans les villes, oü ces Libyens portentprineipalement le nom deMaures, ils semblent tenir davantage de la famille arabe pure, et sont plus souples ä se preter ä lacivilisation, surtout depuis qu’ils ont reconnu que, par une habilete politique, on respectait, 1 onprotegeait meme, leur religion.
Les Arabes libyens, soit par la langue de terre qui devait jadis unir le midi de LEspagne ä la coted’Afrique , ä l’endroit oü setrouve actuellement le detroit de Gibraltar, soit par ledetroit deGades,se repandirent en Europe sur le territoire de l’lberie, et y etablirent leur domination, en se melan-geant aux Celtes authocbtones, et, de cette fusion, est ne le peuple basque, aussi nomme euskaldan,qui parle une langue speciale tres-ancienne.