Band 
Sur la zoologie et la phytologie. Minéralogie - Géologie - Races humaines.
Seite
263
JPEG-Download
 

ANTHROPOLOGIE. - TYPE JAUNE. 263

mille hyperboreenne est loin de presenter des particularites aussi tranchees, et tend ainsl ä se rap-procher du type blanc.

Les Mongols, que quelques auteurs confondent avec les Scythes, qui en sont voisins pour l’ori-gine, sontnes sur les plateaux de 1 Altai et dans les steppes de l’Asie , oü ils se rencontrent encoreaujourd hui. Ce sont, par instinct ou par besoin, des peuples nomades, vivant sous la tente et ne sefixatn pas au sol en y formant des villes dans leur etat primitif, Parfois melangees ä d’autres pe'u-plades, dont nous avons parle, et dirigees par de grands guerriers, comme Gengis-kan et Tamerlan,on les a vus pousser leurs hordes innombrables dans plusieurs contrees. Sous les denominations deTartares, de Mantchoux et de Mongols, ils ont surtout envahi la plupart des Etats asiatiques; ilsont fait la conquete de la Chine , s’y sont maintenus avec les aborigenes, dont ils ont adopte lesmoeurs et les croyances, et les princes de leur type y regnent encore maintenant, quoiqu’unelongue revolution nationale semble devoir lesen proscrire. On les retrouve dans les deux Bucbarieset dans la Daourie; et sous les noms de Hirns et de Scythes de 1'Imaüs ils ont jadis, melan^es auxScythes vrais, frappe l’Europe d’epouvante, comme nous l’avons dejä dit.

Les Kalmouks, ou Mongols vrais, ont le mieux conserve la purete du type. Pallas les depeintainsi: « Les traits caracteristiques, dit-il, de la physionomie kalmouque sont des yeux obliques, de-primes vers Tangle interne et tres-peu ouverts; des paupieres charnues; des sourcils noirs, peufournis et formant un arc surabaisse; un nez generalement court et aplati vers le front; des pom-mettes saillantes; un visage rond, et un crane approchant dela forme spherique; l’iris est tres-brun-la prunelle tres-noire; les levres sont epaisses et charnues; le menton court; les dents, fortblanches, se conservent heiles et saines jusque dans un äge avance; les oreilles sont demesurementgrandes et detachees de la täte. » Cbez eux la taille est moyenne, et ils sont plutöt petits que grands-ils sont cependant bien faits, leur corps est svelte, mais leurs membres sont greles. D’apres ees ca-racteres, il est aussi facile de distinguer un Mongol d’un homme de race blanche que de separer unNegre de celle-ci; cependant, malgre la generalite de leur physionomie, il se trouve, ajoute encorePallas, des individus des deux sexes qui ont un contour de visage et des traits d’une regulariteeuropeenne. Les Mongols professent en general le bouddhisme , et leur grand pontife est nommeDalai-Lama ; quelques-uns suivent le cbamanisme, ou ces croyances superstitieuses que nous avonsvu dominer vers le Nord : leur langue, appelee mongole, est speciale.

Les Kalmouks de l’Altai parlent aujourd’hui le turc, et ceux du Yolga ont adopte en grande partiele langage et la plupart des usages des Russes , qui les ont domptes. Du reste, on peut dire, d’unemaniere generale, que presque tousles Kalmouks, principalement les tribus qui portent les noms d’E-leuths, d ’Oirades, de Soyans de la Chine , sont aujourd’hui completement melanges avec les peuplesqu’ils ont vaincus jadis, et sous le joug desquels ils ont reellement passe. C’est ainsi que les Bou-riates sont des Mongols etablis en Siberie, dans les environs du lac Baikal , et soumis ä la domina-tion russe, qui en tire des troupes pourgarder ses frontieres asiatiques , et que les Tartares vrais,ou plutöt Bhotigaks, habitant le Thibet, la chaine des monts Himalayas et le Boutan , et ayant lestraits des autres Mongols, qu’ils surpassent toutefois en taille et en force, ont adopte le bouddhisme et parlent un idiome qui se rapproche de la langue des Chinois.

Les Toungoases, Tatars ou Mandchoux, dont la patrie primitive est la Daourie, se retrouvent aunord et ä Test de la Mongolie, dans toute la Siberie orientale depuis leJennissei jusqu’ä la merd’Okhotsk, et sur les rivages de l'ocean Pacifique, ou ils confinent les Hyperboreens, et parlentune langue speciale, le mantchoux, ayant quelques rapports avec les idiomes turcs et mongols.

Une partie de ces peuplades, plus particulierement designee sous le nom special de Mantchoux,a conquis la Chine depuis plus de deux siecles, s’y est relativement civilisee en adoplant les cou-tumes stationnaires du Celeste empire, y a importe sa langue, et compte dans son sein les grandsde l’Etat et de nombreux lettres: malgre le melange qui s’est fait entre les vainqueurs et les vaincus,les traits de cette race ont conserve en Chine leurs caracteres, mais peut-etre ä un moindre degre etä quelques exceptions individuelles pres; c’est ainsi que J. ßarrovv assure y avoir vu plusieurs indi-vidus, hommes et femmes, qui avaient la peau tres-blanche et le teint tres-fleuri : quelques-unsmerne offraient des yeux d’un bleu clair, un nez droit ou aquilin, des cbeveux bruns, et chez deshommes ayant une barbe tres-forte et tres-touffue, et ressemblant beaucoup plus ä des Grecs qu ädes Tatars.