ANTHROPOLOGIE. — TYPE NOffi. 299
et celui qui comprend particulierement les Negres du vulgaire, et les ravieaux asiätique et cmtra-lasten, moins eonnus, et renfermant cependant des populatfions verilablement negres.
Le kaheau afeicain de la race noire est forme de la grande majorite des habitants de l’A-fnque, dont nous avons cependant dejä distingue des varietes se rapprocbant davantage des typesjaune et blanc. C est en Egypte qu’apparait, quoique tres-melange, ce rameau; il se prononce dejämieux en Nubie, puis dans le Darfour, le Soudan, l’Ethiopie , la Senegambie surtout, il se montroplus marque, ne se completant reellement que chez les peuples plus meridionaux, principalementchez ceux de la cöte sud-ouest, et va se fondre avec le sang mongol dans l'Afrique australe , chezles Hottentots. Presque toutes ces populations africaines sont morcelees en petites peuplades plusou moins sauvages, menant la vie de clan ou de tribu, ä peu pres sans industrie, fetichistes, enguerre les unes contre les autres, tendant par elles-mdmes ä se degrader plutöt qu’ä se perfection-ner. Chez les Negres les sens dominent l’intelligence; il y a peu d’initiative, beaucoup demobilite,et neanmoins de la soumission, de la fidelite, et, par contre, des haines opiniätres et sanglantes;la vie native est facile, et les produclions de la nature viennent donner l’alimentation sans fatigue;la chaleur de la patrie primitive n’excite pas l’industrie; la pudeur est peu connue, les plaisirssont un besoin, et l’on connait les danses si bizarres qu’aiment toutes ces hordes noires qui, cepen-dant, par une education bienfaisante, pourraient devenir des peuples civilises.
Comme nous l’avons dit, la pression de la civiiisation sur les Africains, l’affreuse traite desNegres, a, plus que toute autre cause, produit la decadence du rameau que nous etudions. Qu’ilnous soit permis, ä ce sujet, d’entrer dans quelques details que nous empruntons ä Bory de Saint-Vincent .
« De ce que les Ethiopiens n’appartiennent pas, dit-il, ä la meme espece que ces Europe'ens, parlesquels nous les voyons opprimes, et qui pretendent avoir sur eux une si grande superiorite mo-rale, il ne s’ensuit pas que la nature ait condamne necessairement.ces Hommes ä l’etat de betes desomme, comme incapables de civiiisation. Si, au lieu de leur porter des chaines et des dogmes in-coniprehensibles pour eux, les premiers blancs qui entrerent en rapport avec les Negres, les eussenltraites en freres et leur eussent parle le langage de la simple raison; si, au lieu de corrompre leuringenuite par l’introduction d’un trafic scandaleux, en contradiction avec les principes qu’on leurprechait, on leur eüt donne de bons exemples, il est probable qu’on eüt pu les conduire assezpromptement ä l’etat de civiiisation qui leur doit ätre propre... Avant que les Portugais eussentappris aux peuples commercants ä desoler les plages africaines, les guerres y devaient 6tre fortrares, nul interet ne pouvant porter leurs habitants ä se procurer une marchandise vivante... Hsdevaient vivre dans l’indolence, mais certainement moins ä plaindre qu’ils ne le sont depuis qu’onimagina avec l’autorisation du papeLeon X, qu’on les pouvait, sansremords, arracherä leur lerrenatale, attacher ä la glebe etrangere, decbirer par le fouet, et faire expirer ä la peine, pour tirerde leur sueur du sucre et du cafe. Les bourreaux qui prirent la plume pour justifier ces horriblespratiques, avancerent que le Noir etait ne stupide. Quelle preuve a-t-on jamais fourni ä l’appuid’une teile assertion? La stupidite et l’ignorance des infortunes que devorent nos colonies? Maisquel 6lre liumain n’eüt pas eie abruti par la maniere dont on y traite ces malheureux? Les Negressont-ils donc les seuls que l’esclavage degrade?... Ceux-lä qui, parmi Tespece japetique, soutien-dront avec le plus d’opiniätrete que le genre humain sortit d’un meme pere, sont precisement ceuxqui pretendent que la traite des Negres se doit exercer sous l’empire d’une croyance consolatrice,oü tous les Hommes sont consideres comme egaux devant la Divinite . Il n’est sorte d’argumentscalomnieux qu’on n’ait employe's pour faire adopter cette abomination, et d’injures qu’on n’aitprodiguees ä quiconque Tattaqua... Les ecrivains les plus illustres ont, en France , fulmine contreles horreurs de la traite. En 1774 seulement, les quakers de Pensylvanie donnerent 1 exemple deson abolition, apres l’avoir censuree en Angleterre des 1727...; les Anglais imiterent seuls lesquakers..., et l’influence de l’Angleterre, sous la forme d’une concession faite aux lumieres dusiede, a fait abolir la traite par les nouvelles lois francaises. »
Mais si la traite n’existe plus pour certaines parties de l’Europe , et si eile y est m6me assimilee äla piraterie, eile n’en regne pas moins encore pour plusieurs nations de notre continerit et pourdiverses parties de l Amerique . Puis, sous Io nom de travailleurs libres, pour des peuples, qui,