De tout temps certaines dimensions du corps humain ont été considéréescomme des mesures naturelles; elles présentent aussi l’avantage de pouvoir êtrefacilement comparées à des longueurs qui s’en rapprochent. Ainsi l’arme, le pied,le pouce.
Mais chaque peuple ayant choisi un pied spécial, il en es t résulté dans le coursdes temps l’imbroglio dont nous venons de citer des exemples frappants.
Voici ce que F. V. Bessél exige pour une véritable mesure prise dans la nature(Schumacher’s Jahrbuch, fur 1840, p. 133) : « Si la nature produisait un corps quieût constamment une même dimension, dans tous les temps où il se présente, iln’y a pas de doute que l’on eût choisi cette dimension comme mesure de longueur,puisque ce choix est arbitraire. Si toutes ses dimensions étaient égales dans tousles sens, il présenterait aussi une mesure naturelle de solidité. Si, déplus, il possé-dait une même densité dans sa matière, sa masse représenterait une mesurenaturelle de pesanteur. Mais on ne connaît aucun corps qui présente ces troispropriétés ou seulement l’une d’elles ; ainsi, on ne connaît aucun corps d’aprèslequel on puisse directement mesurer ou peser. »
11 résulte de cela que le pied de l’homme ne pourrait aussi peu servir d’étalonque l’écartement des deux pupilles ou le côté d’une cellule d’abeille.
Le choix d’un étalon doit donc être basé sur un mesurage, et ne pourra, par con-séquent, présenter que le degré d’exactitude et de sûreté qui peut être atteint avecles ressources scientifiques de l’époque où le mesurage a lieu.
L’idée d’emprunter une mesure à la nature même a été d’abord émisepar Chr. Iluyghens (Horol. oseill., 4, prop. 25, Paris 1673.) Il avait choisi la lon-gueur d’un pendule à secondes, c’est-à-dire d’un pendule qui emploie une secondepour l’aller, ainsi que pour le retour; il divisa cette longueur en trois parties égaieset nomma une de ces parties le pied horaire. Il était parti de l’hypothèse que l’onpeut déterminer cette longueur dans toutes les zones et chez tous les peuples, etque, par conséquent, si elle venait à se perdre, on pourrait la retrouver. 11 est toutefois à remarquer que la durée de l’oscillation d’un pendule dépend de l’intensité del’attraction exercée par la terre ; si cette intensité était partout la même, la lon-gueur du pendule à secondes serait invariable.
Il arriva justement que, à la même époque où Huyghens formulait cette proposi-tion, .7. Richer trouva qu’il était obligé de diminuer d’un quart de ligne un penduleà secondes, qui était exact à Paris , pour qu’il battît la seconde à Cayenne . Plustard, des expériences, faites avec la plus grande exactitude, ont fourni la preuve quela longueur du pendule à secondes dépend de la latitude, de l’altitude et en partieaussi de circonstances locales.
Depuis que Iluyghens et Newton eurent conclu du mouvement de rotation de la