même matière, et. de même forme, à laquelle on pût avoir recours, s’il arrivaitquelqu’accident à la nôtre pendant un si long voyage. Je me chargeai d’office dusoin d’en faire faire une toute pareille. Cette seconde Toise fut construite par lemême ouvrier, et avec les mêmes précautions que la première. Les deux Toisesfurent comparées ensemble dans une de nos assemblées et l’une des deux restaen dépôt à l’Académie : c’est la même qui a été depuis portée en Laponie par M.de Maupertuis et qui a été employée dans toutes les opérations des Académiciensenvoyés au Cercle polaire. Celle que nous emportâmes et qui nous a toujours servidans le voyage est restée à Quito entre les mains de M. Godin et sera vraisembla-blement bientôt en France ; mais celle du Nord est revenue. »
L’une des règles revint endommagée; l’autre devint l’étalon de longueur, nonseulement pour la France , mais aussi pour beaucoup d’autres pays. Elle s’appellela Toise du Pérou ; elle a sa longueur exacte à 13° Réaumur, que l’on a converti en16% 25 Celsius, bien qu’en 1735 un degré Réaumur eût une valeur un peu diffé-rente de celle qu’il avait à la lin du siècle et de nos jours. On aurait dû choisir15% 5 C.; on a cependant adopté 16% 25 G. comme température normale, aussibien lors de la détermination du mètre que de celle du pied prussien.
Quand Gondaniine et Bougmr eurent achevé le mesurage d’un degré au Pérou ,le premier de ces savants lit, graver sur le monument érigé dans ce pays la longueurà l’équateur d’un Pendule à secondes avec l’inscription : « Mensurce naluralüexemptai', utinam et unieersalis ». Mais Bouguer était d’avis que l’étalon le pluspratique était la longueur du Pendule à secondes, prise au 45 me degré de latitude.
Gondaniine, deson côté, justifie comme suit (Nouveau projet d’une mesure invaria-ble, pi'opre à devenir universelle p. VJ, le choix du Pendule à secondes, pris à l'é-quateur : « L’équateur est le milieu de la terre habitable; le terme d’où l’on com-mence à compter les latitudes, celui de la moindre pesanteur. Le Pendule équino-xial est unique : il est déjà mesuré. Il n’y a pas lieu de présumer qu’en le choisis-sant on ait eu en vue la convenance d’une nation plutôt que d’une autre. LePendule de 45 degrés, qu’on pourrait proposer comme moyen entre les Pendulesextrêmes de l’Equateur et des Pôles, n’est pas unique, parce qu’il y a un autre paral-lèle de 45 degrés au-delà de la Ligne ; et qui sait si la longueur du Pendule y estla même que dans cet hémisphèreï 11 serait toujours soupçonné d’avoir été choisiparce que ce parallèle traverse la France , et cela suffirait vraisemblablement pourtaire rejeter ce Pendule par les autres nations de l’Europe . Enfin la conventiondu Pendule de 45 degrés, si elle pouvait avoir lieu, ne serait fondée que sur laconvenance ou l’accord de quelques nations de l’Europe ; au lieu que la préférencedonnée au Pendule équinoxial convient à tous les lieux et à tous les temps. UnFrançais préférerait sans doute le Pendule du parallèle de Paris , comme un Anglais