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celui de Londres . Un Européen , en général, pourrait opter pour celui de 45 degrés.Le philosophe et le citoyen du monde choisiront sans contredit le Pendule équi-noxial. »
Malgré tous ces arguments, de valeur bien différente, le projet de Bouguer futgénéralement bien accueilli en France .
Les relations commerciales souffrant beaucoup de la confusion des mesures, desvoix se firent entendre de tous côtés pour réclamer une mesure uniforme.
« En 1788, le vœu d’une mesure uniforme fut consigné dans les cahiers de plu-sieurs bailliages ; quelques savants firent entendre leur voix. Les esprits étoientalors disposés à recevoir avec enthousiasme toutes les réformes utiles. Le systèmeincohérent de nos mesures, outre ses inconvénients réels avoit un vice originelqui en fit hâter l’abolition : la confusion qui y régnoit étoit en grande partie l’ou-vrage de cette féodalité que personne n’osoit plus défendre, et dont on travailloità faire disparaître jusqu’aux moindres vestiges. Ce concours unique de circonstan-ces valut un accueil favorable à la proposition faite en 1790 à l’assemblée consti-tuante par M. de Talleyrand . Le G Mai, M. de Bonnaiôt son rapport, et le 8 du mômemois l’Assemblée rendit un décret par lequel le Roi était supplié d’écrire à S. M.Britannique, et de la prier d’engager le parlement d’Angleterre à concourir avecl’Assemblée nationale à la fixation de l’unité naturelle des mesures et des poids,afin que sous les auspices des deux nations, des commissaires de l’Académie des sciences pussent se réunir en nombre égal avec des membres choisis de laSociété royale de Londres , dans le lieu qui serait jugé respectivement le plus con-venable, pour déterminer à la latitude de 45 degrés, ou tout autre latitude quipourrait être préférée, la longueur du Pendule, et en déduire un modèle invaria-ble pour toutes les mesures et pour les poids. »
« Ce décret fut sanctionné le 22 Août. L’Académie des sciences nomma une com-mission composée de MM. Borda, Lagrange, Laplace, Monge, Condorcet . Leurrapport, imprimé dans les mémoires de l’Académie des sciences pour 1788, p. 7,est du 19 Mars 1791. »
Cette commission émit l’avis que, de tous les Pendules à secondes, il ne sauraitêtre question que de celui de 45°, mais elle se prononça néanmoins énergiquementcontre son adoption, parce qu’il exigeait un élément étranger, le temps d’uneseconde, pour une mesure qui était empruntée au globe terrestre.
Elle proposa à son tour de prendre pour unité de mesure le quart de l’équateurou le quart du méridien, en adoptant la dix-millionième partie de cette longueurpour unité usuelle. La préférence fut donnée au méridien, la détermination d’unarc du méridien pouvant être faite avec une plus grande précision que celle d’un