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il faudra s’efforccr d’établir des proportions plus égales entreles Provinces ; & déjà l'on aperçoit comment les dispositionsde Votre Majesté relativement à la Taille & à laCapitation, faciliteront cette entreprise, & l’étayeront de laconfiance si nécessaire au succès. En effet, comment rendresensible la justice d’une distribution d’impôt, tant que la sommede cet Impôt est arbitraire ou changeante î on n'auroit aucunmoyen de persuader, que l’augmentation portée dans telle Pro-vince, seroit balancée par une diminution équivalente dans telleautre, & les intentions bienfaisantes de Votre Majesté,feroient obscures, & souvent calomniées. Je crois qu’on nefauroit trop le dire ; ou il faut renoncer aux grandes choies,ou il faut les préparer par des moyens simples & ouverts ; leshommes, & íiir-tout les Contribuables, on les a tant trompés,qu'une longue fuite de franchise Sc de loyauté, pourra seuletriompher de leurs soupçons Sc de leur défiance.
Un autre objet bien digne de l'intérêt de Votre Ma-jesté Sc de l'attention de íes Ministres, c’est de perfec-tionner la répartition individuelle de la Taille; l’on a fait unessai dans la généralité de Paris, qui peut être susceptible deperfection, mais dont les principes paroi fient raisonnables.Cette nouvelle méthode consiste principalement dans unepremière instruction , fur l’étendue de toutes les terrescultivées d’une Paroisse ; on les divise ensuite en différentesclasses, dont les proportions font fixées par les Tailiableseux - mêmes ; alors chacun d’eux fait la déclaration dunombre d’arpens qu'il possède, ou qu'il exploite; Sc commetout recélement particulier fait tort à la masse des Contri-buables , chacun devient partie contre le déclarant infidèle,& la vérité s'établit par le plus simple & le plus puissant