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de destiner des fonds soffisans aux établissemens d’humanité,tandis que tant de monumens attestent le luxe & la richesse.J’ai cru, malgré la guerre, devoir proposer à VotreMajesté de fournir de son Trésor royal différens secourspour aider les villes à améliorer leurs Prisons. Ces secoursextraordinaires n'ont pu être que fort inférieurs aux besoins ;cependant Votre Majesté vient d’ordonner Rétablissementde nouvelles Prisons à Paris, afin de séparer les particuliersdétenus pour dettes de ceux enfermés pour des désordresou pour des crimes. Le plan que Votre Majesté a adoptéremplira à peu-près tout ce qu’on peut defirer à cet égard ;& l’on travaille fans relâche à l’exécution de ses ordres.
Enfin, les Infirmeries de la Conciergerie étoienuellementrévoltantes par le défaut d’air & le manque d’eípace, queles hommes obligés par état d’y entrer, íòit pour soignerles malades, soit pour venir les consoler & remplir leur*saint Ministère, comptoient les momens où ils étoient forcésd’y rester, & ne cherchoient qu’à s’en éloigner le pluspromptement possible , tant l’air putride de ces lieux altéroitleur lanté. On a fait préparer par les ordres de VotreMajesté une autre Infirmerie très-convenable & très-aérée, & un malheur obscur, mais terrible, a été encoreréparé. En même temps tous ces arrangemens ont étéfaits avec peu de dépense ; & sans doute qu’un Monarqueest bi^fifaisant à double titre, lorsqu’il l’est avec économie,puisqu’il se procure ainsi les moyens d’étendre & de mul-tiplier ses bienfaits.
En retraçant à Votre Majesté une partie des di£positions charitables qu’Elle a prescrites, qu’il me soit permis,Sire, d'indiquer, fans la nommer, une personne douée des