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quante à soixante fois; brillante comme Sirius par un temps clair,on l’aperçoit même avec le.hâle ou un horizon brumeux. Troisétoiles brillaient ainsi lorsque nous étions sur le Canigou, l’une à38 820 mètres de distance sur la montagne de Bugarach, près deLimoux, dans le département de l’Aude ; l’autre à Forcerai, au-des-sus de la vallée de la Tôt, à 30 541 mètres, la troisième sur la mon-tagne de Tauch, à 47 151 mètres. Quelquefois la montagne étaitpeu visible; mais, ffuand le soleil se montrait, l’étoile l’était tou-jours. C’est à l’aide de miroirs argentés de 2 décimètres de côtéque le capitaine Perrier se propose de rattacher la triangulation del’Algérie à celle de l’Espagne . Pendant le jour, deux de ces miroirs,placés sur les sommets du Mulhaçen et du pic de Sagra, et pendantla nuit des feux électriques seront visibles des montagnes des envi-rons d’Oran à la distance de 270 kilomètres.
L’emploi des miroirs n’est pas le seul perfectionnement dont lagéodésie pratique ait eu à s’applaudir. C’est un axiome en mécaniquequ’un bon instrument ne doit servir qu’à un seul usage ; aussi lecercle azimuthal a-t-il remplacé le théodolite. Celui-ci pouvait me-surer à la fois des angles horizontaux et des angles verticaux. Lecercle azimuthal, comme l’indique son nom, ne mesure que des an-gles horizontaux. Ce cercle est divisé en 400 parties égales appe-lées grades, divisées elles-mêmes en 10 parties valant chacunedix minutes centésimales. Les cercles de Méchain et de Delambrene donnaient à la lecture que la minute ou 1/40 000 e de la circon-férence; dans les cercles azimuthaux modernes, on estime directe-ment deux secondes ou 1/2 000 000 e de la circonférence. Or oncomprend que, dans un angle dont.les côtés ont 30 kilomètres delongueur par exemple, la plus petite erreur dans la mesure decet angle devienne considérable, transportée à l’extrémité de cescôtés. Ainsi une erreur d’une minute centésimale, première ap-proximation de la lecture pour Delambre, transportée à 30 kilomè-tres, équivaut à 4 m ,7l. Aujourd’hui cette erreur, la plus grandepossible, est de deux secondes, et correspond à une longueur de9 millimètres seulement; c’est encore trop, mais l’erreur est 523 foismoindre qu’à la fin du siècle dernier. La substitution du miroir àla mire a un autre avantage : elle rend la visée plus précise. Eneffet, la lunette porte à l’intérieur deux fils doubles disposés encroix; ces quatre fils, par leur intersection au centre de l’objectif,forment un petit carré. Le miroir, semblable à une étoile, se trouveplacé au milieu de ce carré ; si l’étoile paraît immobile, on est as-suré que la réfraction atmosphérique est nulle ou presque nulle;dans le cas contraire, l’image ne serait pas fixe, elle oscillerait ouse déplacerait, et le géodésien, averti, attendrait un moment plus