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Une station géodésique au sommet du Canigou dans les Pyrénées-Orientales / par Charles Martins
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STATION GEODESIQUE AU CANIGOU.

favorable pour continuer ses observations. Biot avait coutume dedire : Le devoir de lastronome est dexiger du constructeur un in-strument aussi parfait que possible. Le cercle doit être un cercleparfait, la graduation en 360 degrés ou 400 grades sera exécutéeavec les soins les plus minutieux, afin que les divisions soient rigou-reusement égales entre elles et séparées par des traits dune fmesseextrême, visibles seulement au microscope. Linstrument achevé etvérifié, on suppose que le cercle est mal centré, mal divisé, queles degrés ne sont pas égaux entre eux, et lon sapplique à corrigerces erreurs. Borda avait imaginé le cercle répétiteur, qui porteson nom! Ce cercle est muni de deux lunettes placées lune au-dessus, lautre au-dessous, et, pour obtenir un angle, on faisaittourner alternativement le cercle et les lunettes, de manière à me-surer cet angle sur tout le pourtour de la circonférence du cerclegradué; mais ces lunettes, ce cercle, étaient chaque fois arrêtés pardes vis; la pression de ces vis nétait pas la même; de des-placemens variables qui annulaient les avantages de cette répétitiondes angles. Dans les instrumens modernes, le cercle seul tourne àfrottement au dedans dun autre cercle qui lui est concentrique, onne le fixe pas avec des vis, et on mesure chaque angle autant defois quon le juge nécessaire sur toutes les parties de la circon-férence. Autre exemple : lartiste a pris les précautions les plusminutieuses pour que laxe optique de la lunette coïncide avec ce-lui de linstrument. Il a réussi; mais le géodésien suppose le con-traire, et retourne linstrument à chaque série dobservations poursaffranchir de cette nouvelle cause derreur. Cest ainsi, en annu-lant toutes celles que lesprit le plus soupçonneux peut imaginer,que les astronomes et les géodésiens se rapprochent de plus en plusde lexactitude absolue. Plus les distances sont grandes, plus lesmoyens de mensuration doivent être parfaits. Si je ne craignaisdaborder des détails trop techniques, je pourrais indiquer encoreun grand nombre de perfectionnemens introduits dans la géodésiemoderne; jessaierais par exemple de faire comprendre commentlaltitude du Canigou a été déterminée à laide de mesures angu-laires réciproques et rigoureusement simultanées par MM. Bassot etPenel. Je me bornerai à dire que ces observations, éliminant leserreurs dues à la réfraction terrestre, ont confirmé lexactitude dunombre 2 785 mètres, obtenu par le colonel Corabœuf.

Souvent les opérations géodésiques sont difficiles et même im-possibles avec les anciens signaux, parce que lhorizon nest pasbien pur et paraît comme enfumé, bien que le ciel soit parfaitementserein. Dans la journée du 25 août, nous fûmes témoins dun phé-nomène optique analogue encore inexpliqué, quoique bien connu