CHAP. III. Sect. III. Corroyer les Bois . 49
nière opération qui appartient essentiellement à la menuiserie, et qui seraitpeu utile au Tourneur.
Lorsqu’on aura choisi son bois d’un calibre proportionné à l’ouvragequ’on entreprend, on donnera sur la surface la plus belle, c’est-à-dire quiprésente le moins de défauts, un coup de varlope à ébaucher, appeléepar les menuisiers Riflard. Cet outil n’est autre chose qu’une varlopemoins longue que les autres, dont le fer est affûté d’un peu court etrond par rapport à son taillant. La lumière est plus ouverte que dans lesvarlopes, parceque les premières aspérités qu’on détache de la surface dubois forment des copeaux très-inégaux en épaisseur qui engorgeroientpromptement une lumière ordinaire.
Après cette opération préliminaire, on prend la varlope fig. 18, pourachever de planer et de dresser cette première surface. Cet outil dont ledessous doit être très-droit, a son fer incliné à quarante-cinq degrés envi-ron , affûté très-vif et presque carrément ; la lumière est très-étroite : sanscela, le copeau pourroit glisser entre l’outil et la pièce.
Si 1 on veut dresser parfaitement, il est essentiel de bien mettre en fût,c’est-à-dire de placer le fer de façon à ce qu’il prenne peu de bois, et que letaillant soit bien parallèle à la surface inférieure de la varlope. Malgré cesprécautions, il arrive souvent que la pièce qu’on travaille est effectivementdressée sur sa longueur, mais qu’en y appliquant une règle posée diago-nalement, on s’aperçoit que sa surface est convexe d’un angle à l’autre, etconcave aux angles opposés : ce que les ouvriers nomment Surface gauche.Quand on en a l’habitude, on aperçoit ce défaut au simple coup d’œilen plaçant la surface parallèlement aux yeux et en l’inclinant de manièreà ce que le premier bord efface le second : c’est ce que les ouvriers appellentbornoyer. Mais un autre moyen plus sûr,c’est d’avoir deux règles un peulongues qu’on posera transversalement sur chaque extrémité de la pièce:alors en bornoyant, comme nous venons de le dire, le plus léger défaut de-vient sensible à l’œil, étant multiplié par la longueur des règles. C’est pour-quoi les plus longues sont les meilleures pour cet usage.
Ce dernier moyen s’emploie avec succès quand on veut dresser des piècesen cuivre ou en fer, à la lime ou à la varlope, si 011 en a de propres à cetusage. Nous croyons qu’il n’est pas hors de propos de dire ici quelque chosesur la forme et la qualité de ces varlopes.
Les meilleures se font en fer. La lumière est perjiendiculaire; le fer, enacier fondu, est très-épais, et poussé à la coupe par une vis de rappel quil’empêche de reculer. On en fait aussi en fonte de fer avec une partie
7
T. I.