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Tome premier.
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5 o MANUEL DU TOURNEUR,

creuse au milieu pour faciliter lajustement du fer. Par économie, ceuxqui emploient rarement ces outils garnissent pour cet usage des varlopesen bois d'une semelle de fer bien dressé; mais il faut toujours que lefer soit placé debout.

Revenons au corroyage que cette digression nous a fait perdre un ins-tant de vue. La première surface devant servir de base à toutes les opé-rations subséquentes, on ne sauroit apporter trop de soin à la dresserbien exactement et de manière à ce quune bonne règle, posée sur tousles sens, laisse à peine passer la lumière.

Nous convenons que cette opération, quelque simple quelle paroisse,présente de grandes difficultés, surtout aux personnes peu habituées àpousser la varlope. Il leur arrive souvent de nobtenir, avec une varlopeparfaitement droite, quune surface convexe sur sa longueur, appelée Bougepar les ouvriers. Ce défaut vient de ce que le bois est plus facile à entamerau commencement, et que la main droite qui tient la poignée de la varlopepèse sur la partie qui se trouve hors de la pièce. De même, quand on poussela varlope à lautre extrémité, cest la main gauche, qui, appuyant sur lebouton, fait insensiblement baisser loutil. Ces effets, quoique peu considé-bles en eux-mêmes, deviennent sensibles quand ils sont multipliés par lenombre de fois que la varlope passe sur la pièce. Pour éviter cet inconvé-nient, il faut, en commençant, appuyer avec la main gauche seule, etnemployer la droite qua pousser la varlope. De même , lorsquon arriveà lautre bout, il faut cesser dapjmyeravec la main gauche, et achever avecla droite seule. Après avoir posé ces principes qui sappliquent aux rabotsde toutes espèces, nous abandonnerons lamateur à l'habitude qui est sanscontredit le meilleur maître. La première surface étant achevée, il fautdresser la seconde et la mettre carrément par rapport à la première, àlaide dune bonne équerre de bois ou de fer,^g. a i, que l'on présente surtous les points de la longueur de la pièce ; puis, avec un trusquin -, fig- 19 ,misa la largeur que doit porter la pièce, on tirera deux traits parallèlesà lune des surfaces dressées dessus et dessous. Ensuite on retire à la var-lope tout le bois qui excède ces traits. Si la pièce est carrée, on répé-tera cette opération sur la face restante, et si on a bien opéré, léquerredoit s'appliquer sur les deux dernières faces comme sur les deux pre-mières.

Il arrive souvent que la seconde face ne doit pas être perpendiculaireà la première. On détermine dans ce cas le degré dinclinaison à laidedune équerre mobile appelée par les menuisiers, Sauterelle ou fausse