CHAI’. V. Sect. IV. Des Polyèdres réguliers. 335
doit être à la surface d’une sphère : ainsi il ne sera pas difficile de déter-miner, d’après les centres qu'on aura marqués, la position respectivequ’ils doivent avoir sur une boule.
On commencera donc par faire une boule en bois dur, puis on traceradessus tous les cercles par où doivent passer les centres , et enfin on les ymarquera. Nous supposons, en ceci, que l’Amateur a des connoissancesen géométrie , et qu’il y joint l’habitude de travailler des mains.
On tournera donc d’abord une boule de deux pouces de diamètre ouenviron ; on marquera , j>ar les moyens géométriques, sur cette boule,tous les points qui doivent être les centres des cercles où seront inscritsles polygones , qui seront les côtés du polyèdre.
On fera ensuite un mandrin creusé au diamètre de la boule, de la ma-nière suivante.
On prendra un morceau d’alisier franc, sain, et, autant qu'il sera pos-sible, sans nœuds, du moins sur la partie.de devant. Si l’on veut faireune boide de deux pouces de diamètre, on prendra un morceau de boisqui en ait environ trois. On y fera d’abord, par le bout le moins beau ,un écrou qui entre juste, mais sans forcer, sur le nez de l’arbre. Nousdisons juste , parce que dans cette espèce d’ouvrages, ainsi que dans tousceux où il faut beaucoup de précision, si le mandrin varioit sur le nezde l’arbre, on ne seroit jamais sûr de le remettre bien au centre. Il estmême à propos, de serrer le mandrin contre l’embâse, de manière que,par l’effort de l’outil, il ne puisse plus entrer davantage, et-pour cela,on fera sur le champ de cette embase un léger trait de lime tiers-point :lorsque le mandrin sera bien serré, on y marquera un léger trait decrayon ou de ciseau, qui coïncide exactement avec celui qui est sur l’em-bâse. Par ce moyen, si, comme cela arrive souvent, on est obligé d’ôterle mandrin, on est assuré de le remettre au même point, en faisant ren-contrer les deux traits ; et pour qu’on puisse l’ôter facilement, on mettraune goutte d’huile dans l’écrou.
Le mandrin étant ainsi monté sur le Tour, on le mettra au rond surtoute sa longueur, et on le dressera, avec un grain-d’orge, sur sa face an-térieure. Comme nous supposons qu’on ait à travailler une boide de deuxpouces de diamètre, et qui soit faite par la méthode que nous avons en-seignée, on creusera avec une mèche de trois à quatre lignes de diamètreun trou de moins d’un pouce de profondeur. On le croîtra avec desmèches plus fortes ; puis avec un crochet,^, i, PI, 19 , T. //, on donneraà ce trou une forme hémisphérique en creux.