CH AP. II. Sect. IV. Boites de Drogues de diverses couleurs. 4G7
en soudant et amalgamant toutes ces parties, en forme une cuvette ou un -
couvercle , qui, quoiqu’infiniment défectueux et cassans , trouvent cepen-dant des acheteurs déterminés par la modicité du prix.
Comme ces sortes de préparations sont très-aigres et cassantes , et qu’ilne seroit pas possible que la gorge de la boîte prise à même une aussimauvaise matière, eut la solidité nécessaire, on a coutume de faire la bâtede ces sortes de boîtes avec des morceaux d’une meilleure qualité, ou mieuxencore d’un seul morceau.
SECTION IV.
Boites de Drogues de diverses couleurs.
Orr nomme Boites de Drogues , celles qui sont faites avec toutes lesrâpures, restes et rebuts de toutes les opérations précédentes, et dontcependant 011 est parvenu à faire des tabatières , qui, par leurs acces-soires , ont etc quelque temps très à la mode.
Quand, dans le travail du moulage, on râpe ou racle de l’écaille , onrainasse tout ce qui en sort, et on le conserve au sec pour le besoin. Onmet de même à part toutes les échancrures, enfin tout ce qu’on n’a puemployer dans les travaux précédens. On mêle cette poudre avec tous lespetits morceaux ; on emplit un moule de diamètre suffisant, en mettantdessus et dessous un galet convenable. On serre le tout sous la presse ^et on le porte dans l’eau bouillante. Au bout d’un quart d’heure, on leremet sur l’établi, on donne une forte serre, et l’on parvient à en formerdes galettes, qu’on coupe circulairement, et dont on forme des cuvetteset des couvercles, qui ne servent que de fond au travail suivant.
En travaillant l’écaille, on met à part les petits morceaux qui tombentdes feuilles et rognures de bonne écaille. On les gratte en tous sens,pour qu’ils se soudent bien ; on y mêle des tournures d’écaille, qu’onrecueille sur le Tour, en ayaut soin qu’il ne s’y mêle aucune matièreétrangère ; et pour cela on nettoie bien l’établi ; et quand on forme lagorge d’une boîte, ou qu’on la tourne, on ramasse sur une feuille de pa-pier tout ce qui en tombe, et on le conserve proprement dans une boîte.On forme de tout cela des galettes , par la méthode que nous venons dedécrire. On saisit ces galettes dans un étau, et avec une râpe, on lesréduit en poudre, qu’on recueille , soit dans une feuille de papier, dont