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Tome premier.
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INTRODUCTION HISTORIQUE. 13chièvre en tissus, au moins trois siècles avant que les Anglaisen aient fait une si grande source de prospérité. Les contréesque nous considérions comme sauvages pratiquaient, par con-séquent, les arts de la civilisation depuis un temps immémorial.

S 4,— Travail du poil de chèvre à Angora.

Le filage du poil de la chèvre de la campagne d’Angora pa-raît également très-ancien, si l’on en juge de l’état danslequel les voyageurs l’ont constaté au dix-septième et au dix-huitième siècle.

Le président de la cour d’Aigues fut l’un des premiers quiimporta ce précieux animal en France. Il publia, en 1787, unmémoire intéressant sur son acclimatation, sur la manière delaire la tonte, le triage et de filer le poil de cette chèvre d’ori-gine asiatique. Il résulte de ce travail que la toison renfermedeux qualités de poil: l’un, beau et soyeux, est utilisé; l’autre,court et terne, est rejeté à l’état de déchet. La séparation de cesdeux qualités est obtenue à l’aide d’une espèce de râteau oupeigne, qui, sauf les dimensions et la finesse des dents, res-semble à l’outil dont se servent les peigneurs à la main de noscontrées. L'opération a lieu deux fois: à la première, on ébau-che le travail avec un gros peigne; un second peignage aumoyen d’un peigne fin termine le triage. La matière ainsi pré-parée en mèches convenablement disposées pour ne pas se mê-ler est placée sur une quenouille, pour être filée au fuseau; lesfibres sont humectées avec la salive, pour faciliter le passage etleur échelonnement entre les doigts de la fileuse, en se rendantau fuseau, qui les tord et les dispose sous forme de fil en peloteconique.

On sait que le poil de chèvre présente une grande roideur,que la torsion qu’il faut donner à son fil l’augmente encore et

détermine un vrillement très-prononcé. Il est indispensable