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Tome premier.
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PROGRÈS DES INDUSTRIES DE LA LAINE. 89en est résulté eût été arrêté à chaque pas dans son développe-ment sans la destruction des anciens liens qui paralysaientl’industrie et le commerce.

Chaptal, dans son ouvrage De l'Industrie française, dé-montre tout le mal que la réglementation avait fait à notrecommerce d'exportation en général. Il cite pour les lainages,par exemple, là cessation de la vente de fios serges en Espagne,en Portugal, dans le Levant et dans l'Inde; de nos gros lai-nages, au Canada, ete., parce que les éléments constitutifs deces articles et leurs modes d’apprêt étaient imposés, inva-riables, et ne pouvaient se plier ni aux exigences du consom-mateur, ni même aux perfectionnements que le fabricant pou-vait y apporter. L'industrie anglaise, émancipée avant la nôtre,libre dans ses allures, modifiait ses produits, et cherchait àcompenser certaines économies de matières par une apparenceplus flatteuse, grâce à des apprêts nouveaux interdits à nos ma-nufacturiers. Dans une autre direction, nous citerons un pro-grès technique, qui eût certainement été retardé si l'influencedes idées nouvelles ne l’avait protégé; nous voulons parler del’emploi de la navette volante, et la suppression d’un tisserandsur deux pour tisser les étoffes larges comme les draps.

L'origine de la disposition connue sous le nom de navettevolante, à cause de sa vitesse, par rapport à celle de sa de-vancière la navette glissante, est anglaise, comme l’indiqueson nom primitif de carrybarry, francisé aujourd’hui, elle re-monte à 1780; son introduction en France, par un Anglais,nommé Macloud, date de 1788. Tous les gouvernements quise sont succédé, y compris celui de la Restauration, ont encou-ragé la propagation du carrybarry et récompensé son importa-teur. Macloud fut envoyé par le gouvernement de Louis XVI,et à ses frais, dans les principales villes manufacturières, poury faire connaître et propager la modeste et fructueuse inven-tion; l’administration républicaine lui accorda, en 1793, six