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Tome premier.
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PROGRÈS DES INDUSTRIES DE LA LAINE. 91était leur point de mire exclusif. Nous réduisons la question,on le voit, à ses proportions les plus minces. Ne pouvant inci-demment l’examiner au point de vue du droit et de la légiti-mité, ni discuter pour le moment l’insuffisance et le côté abusifde la législation. Des hommes plus autorisés l’ont fait et leferont encore, le sujet est des plus graves et des plus impor-tants, parce qu’il intéresse le progrès et le droit de propriétésous une de ses formes les moins bien acceptées jusqu'ici. Nousavons seulement voulu dire un mot de l’influence de cette légis-lation sur l’avancement de la spécialité dont nous nous oceu-pons. Si nous ne nous trompons, elle a été le complémentlogique de la liberté donnée à chacun de produire et de jouirdu fruit de son labeur. Telle qu'elle est, malgré ses défauts, elleà hâté le progrès des cinquante dernières années que nous allonspasser en revue; et nous osons affirmer que le développementindustriel eût été plus grand encore s’il ne fallait à la plupartdes inventions, même les plus utiles et les plus pratiques, unevingtaine d’années au moins pour se faire adopter.

$?,— Origine du travail automatique de la laine.

Les premiers essais du filage mécanique de la laine datent àpeu près de la même époque en Angleterre et en France.D’après l'historien anglais le plus complet sur l’industrie deslainages, John James, la‘première machine pour filer la laineaurait été essayée à Dolphin Holme en 1784; mais les premierssuccès sont de 1791 seulement. Or la France avait déjà faitquelques tentatives pour arriver au même but. Sur le rapportde Roland de La Platière, le gouvernement accorda, en 4780,3,000 livres à un sieur Price, apprêteur anglais établi à Rouen,pour l'invention d’une mécanique propre à filer la laine pei-gnée. Quelques années plus tard, en 1783, Quatremère-Dis-jonval, propriétaire d’une fabrique de draps près de Château-