Band 
Tome premier.
Seite
118
JPEG-Download
 

118 PREMIÈRE PARTIE,

nétrabilité; les laines, en général, sont dans ce cas. La bourrede soie et les duvets animaux possèdent, au contraire, unepropriété de glissement très-remarquable.

« Quelle que soit, d’ailleurs, la nature de la substance, elle secompose d’une masse de fibres noueuses d’inégales longueurs,se croisant dans toutes les directions. Trier ces filaments, lesredresser, les épurer, enlever les nœuds et boutons apparentsoù microscopiques, réunir parallèlement entre eux ceux d’égalelongueur, enfin les diviser et les affiner lorsque la matière lecomporte, telle est la tâche réservée au peignage.

« Le travail à la main est resté en possession exclusive de cetteopération délicate jusque vers 1830. Ce n’est qu’à partir decette époque que des applications sérieuses de peignage auto-matique ont eu lieu. Près de vingt années s’écoulèrent en essaisplus ou moins heureux, dont les résultats ne purent rivaliseravec ceux obtenus à la main.

«Les auteurs des nombreux systèmes de peigneuses produitsdepuis un demi-siècle n’ont eu en vue que l’imitation du tra-vail à la main et la création de machines spéciales à chaqueespèce de filaments. La supériorité du peignage manuel et ladiversité des caractères des matières premières expliquentl’opiniâtreté avec laquelle les plus habiles et les plus compétentsont suivi cette voie.

« Avant Heilmann, nul n’aurait supposé qu’un même systèmepouvait être indistinctement appliqué aux diverses fibres, etbien moins encore que l'opération automatique distanceraitbientôt les résultats les plus perfectionnés, exceptionnellementfournis par l’ouvrier lé plus habile.

«C’est en abandonnant les errements du passé que le célèbreinventeur à si remarquablement réussi. Il a imaginé deux ma-chines; l’une ébauche le travail par un démélage, et l’autrereçoit le produit de la première sous forme de ruban: celle-cile fractionne, en redresse et épure les fibres presque une à une,